Biddle John (1615-1662).

Publié le par didier Le Roux

Biddle john, qui fut appelé "le père de l'Unitarisme en Angleterre," est né à Votton-sur-Edge, dans le pays de Gloucester, et baptisé le 14 janvier 1615. Il était le fils d'Edouard Biddle, un homme respectable, et fabricant de linge, dont les circonstances n'étaient pas affluentes, mais qui maintenait sa famille honnêtement, avec un crédit qui convient pour son rang, ou plutôt au dessus de celui-ci.

 

         John Biddle fut éduqué dans l'école libre de sa ville natale, où  sa compétence fut bientôt l'objet  d'attention, ce qui lui procura le patronage du Seigneur Georges Berkley, qui l'autorisait, avec d'autres élèves, une démonstration annuelle pour dix pounds, mais avec cette distinction, qu'étant alors âgé que de dix ans, dont son Seigneur était en l'habitude de lui accorder sa marque de faveur.

 

         Le résultat prouva, que le patronage ainsi judicieusement étendu sur lui ne fut pas un mauvais placement, car le jeune Biddle s'appliquait si vigoureusement à ses études, qu'il surpassa bientôt tous ces amis d'école, pour son propre standing, et sous peu, comme un de ses biographes l'observe, "passant outre ses instructions, et devint professeur pour lui-même."  Bien qu'à l'école, il traduisit les Eglogues de Virgile, et le premier des deux Satires de Juvenal. Les deux, par la suite  furent édités à Londres, en 1634, et dédicacés à John Smith, de Nibley, dans son pays natif. De même il composa, dans le début de cette année, et le récita devant un plein auditoire, une oraison élaborée en latin, sur la mort d'un élève de haut rang. Mais la bourse annuelle qui lui fut attribuée par le Seigneur Berkley, et peut-être aussi les dépends d'une éducation universitaire, le garda longtemps à l'école, qu'il était désirable pour qu'il continua ici jusqu'à ce qu'il ait environ atteint ses dix neuf ans, et quand il partit, il était assez compétant pour donner des instructions à son propre professeur, lui-même. Sa piété et son désintéressement dans cette première partie de sa vie, sont plus recommandés par ses biographes, et l'aide dont il donnait à sa mère, qui était restée veuve, en des circonstances désespérantes, prouve qu'il a été un fils de devoir et d'attentions.

        

Il fut envoyé, en 1634, à l'Université d'Oxford, et entrait à Magdalen Hall. "Ici," comme nous informe l'auteur de sa vie, "il fit aussi de la philosophie, comme il peut être vu, qu'il était pus déterminé par la raison que l'autorité, néanmoins sur des idées théologiques, il ne différencia pas plus de la doctrine reçue, comme il peut être constaté à partir d'un petit tract qu'il  écrivit contre la danse."

 

Le 23 juin il reçut le degré de B. A., (Bachelier des Arts,) et alors devint un éminent professeur dans le Hall au dessus mentionné. Le 20 mai 1641, le degré de M. A. (Maître des Arts) lui était conféré. Avant cette période, il fut invité par les administrateurs de l'école de son lieu de naissance pour succéder à son premier professeur, mais il déclina cet honneur, et mentionna d'autres valables candidats pour cette fonction, qui en conséquence recevraient l'appointement. Peu après, les magistrats de Gloucester, sur simple recommandation des principales personnes de l'Université, le choisirent comme Maître pour l'école libre de la paroisse de St. Mary de Crypt, dans cette ville. Il accepta l'appointement, et aussi longtemps qu'il tint ce poste, il fut estimé pour sa diligence dans sa profession, et autres valables qualités, et bien que le salaire fixé n'était pas élevé, les gratuités qu'il reçut faisaient des émoluments considérables.

 

Quand il fut installé à Gloucester, pour environ trois années, ses vues selon la doctrine de la Trinité changèrent, seulement en conséquence de l'étude des Ecritures, car il nous a été expressément dit, qu'il n'avait alors pas lu de livres sociniens. Comme ce fut un homme de dispositions ouvertes et franches, il parla librement, sur le sujet de ses idées modifiées, à ses amis et voisins. La conséquence fut, qu'il se retrouva accusé d'hérésie devant les Magistrats, par quelques personnes officielles appartenant au parti presbytérien. Il fut, par conséquent, ordonné de délivrer une confession écrite de sa foi, qu'il fit en les termes suivants.

"Le 2 mai 1644.

1. Je crois qu'il y a une Essence Infinie et Toute Puissante, appelée Dieu. 2. Je crois, que comme il y a  une Essence Infinie et Toute Puissante, il y a aussi une Personne dans cette Essence. 3. Je crois que notre Sauveur Jésus Christ est vraiment Dieu, en étant vraiment, réellement et proprement uni à la seule Personne de  l'Essence Infinie et Toute Puissante."

 

         Les Magistrats n'étant pas satisfaits de cette confession, il fut contraint, au bout d'une nuit, d'en préparer une autre, et utilisant lui-même la latitude dans laquelle le mot personne avait souvent été utilisé, et il reconnu, dans cette seconde lettre, que dans une Divine essence, il y a ceux qui sont communément appelés "trois personnes."

 

         Ses idées semblent à ce moment, avoir assumées aucune forme définies, et même quand il étudia le sujet plus pleinement, et s'engageait à  écrire certains arguments sur cela, avec l'intention de les éditées, et il considérait toujours le saint Esprit, en certain sens, la troisième personne de la Trinité, bien que tenant un rang subordonné à Dieu et Jésus Christ. A cette période, la Commission Parlementaire était installée à Gloucester, et Biddle fut trahi par un faux ami, à qui il avait confié son secret. Après, quoi la Commission lu ses arguments, et ils le commirent pour le but commun, le 2 décembre 1645, d'être mis en prison ici, jusqu'à ce qu'une valable opportunité se présente d'elle-même pour porter le cas devant le Parlement. Il fut travaillé, à ce moment là, par une sévère maladie, est un homme résidant à Gloucester s'intéressa en son nom, et , en dehors du respect de sa personne, et par compassion pour ses souffrances, offrit de verser la caution pour lui. Il fut par conséquent libéré, sous condition de sa présentation devant le Parlement quand il l'exigerait, pour répondre à toutes accusations qui pourraient être portées contre lui.

 

         Dans les environs de juin 1646, l'Archevêque Uscher, passant par Gloucester en chemin pour Londres, eut un entretien avec Biddle au sujet de ses idées, mais fut bien incapable de le convaincre de ses erreurs. Six mois après qu'il fut libéré  sur caution, il fut cité par Westminster, pour y présenter sa défense. Le Parlement, immédiatement, nomma un Comité pour l'examiner, devant les membres, pour lesquels, il confessa librement, qu'il ne croyait pas en la déité du Saint Esprit, et exprimait son empressement pour discuter le sujet avec tout Théologien compétent qu'ils pourraient nommer, et pour reconnaître son erreur, s'il ne pouvait prouver son opinion. Le sujet, cependant, fut rejeté de temps en temps, et Biddle était détenu en garde étroite pendant de nombreux mois, dans l'espoir quotidien d'être entendu, ou déchargé.

 

Las, après longtemps, avec ces délais répétés, il adressa une lettre à Sir Henry Vane, le 1 avril 1647, lui demandant de porter son cas devant la House,  et exprimant l'espoir, soit qu'il puisse être entendu, ou qu'il puisse être remis en liberté. De cette lettre, il apparaît, qu'il fut maintenu dans un état de suspension pendant seize mois, en partie dans le pays, et en partie à Westminster. L'accusation originale portée contre lui  était d'avoir nier la déité du Saint Esprit, mais les membres du Comité essayaient de lui extorquer une déclaration de foi concernant la déité de Saint Esprit, sur laquelle il déclinait avoir donné un quelconque avis, alléguant que ceci n'était pas le sujet de l'accusation à l'origine, et que c'était une question, pour laquelle il avait donné, comparativement, peu d'attention. Concernant la déité du Saint Esprit il était plus explicite dans cette lettre à Sir H. V., et ainsi s'exprima "Je crois le Saint Esprit pour être le chef de tous les esprits faisant le ministère, particulièrement envoyé du ciel au ministre en son nom qui héritera du salut : et je le place, selon l'Ecriture et l'Eglise primitive, et par le nom de Justin Martyr dans son Excuse, au troisième rang après Dieu et le Christ, lui donnant une prééminence sur tous les autres esprits du ciel : Aussi, qu'il y a un esprit principal parmi les anges mauvais, connu dans les Ecritures par le nom de Satan, ou l'Adversaire, ou l'Esprit impur, ou le mauvais Esprit de Dieu, ou l'Esprit par voix d'éminence." Dans cette même lettre il accuse avec audace ses adversaires d'avoir, dans une manière cruelle et non Chrétienne, avoir eu recours aux armes de la chair, et d'avoir instigué le Magistrat contre lui, et de s'être efforcés, plutôt que de répondre à ses arguments, "de s'être induits et d'autres en erreur avec les personnalités, humeurs, subsistances, et de telles notions comme maladie cérébrale, qu'il n'avait jamais sapé aucun sens en eux, et étaient d'abord couvert par la subtilité de Satan dans les principes leaders du Platonisme, pour pervertir le culte du Vrai Dieu."

 

Sir Henri Vanne, à qui cette lettre fut adressé, gentiment entrepris d'amener son cas devant la House, mais le seul résultat fut, que Mr. Biddle fut placé sous garde restreinte, et livré à la tendre bonté de l'Assemblée des Théologiens. Il fut souvent appelé et examiné par l'Assemblée, et il lui livra par écrit ses arguments contre la déité du Saint Esprit, mais ne put obtenir d'eux aucune réponse définitive ou satisfaisante. Il détermina, cependant, de faire son appel au public, lequel il fit en "Douze Arguments à partir des Ecritures, en lesquels l'opinion communément reçue touchant la déité du Saint Esprit est clairement et pleinement réfutée." Pour cela il préfixa sa lettre à Sir Henri Vane, précédée par un message "au Lecteur Chrétien," dans lequel il établit, qu'il avait contesté la question avec divers hommes enseignés, mais que pas un avait, pour l'instant, "produit une réponse satisfaisante, aussi bien qu'un seul argument."

 

Ce petit tract créa une prodigieuse sensation; et M. Biddle, qui était appelé pour comparaître devant la barre de la House of Commons, prit lui-même la responsabilité d'une publication. Il fut alors remis en détention, et sur le débat, il fut ordonné, que "le Pamphlet de Biddle, blasphémant contre la déité du Christ, " soit appelé, et brûlé par le bourreau, et que cet examen devrait être référé au Comité des Plundered Ministers. Le pamphlet fut brûlé le 8  du même mois, mais la vente de celui-ci était si grande, qu'une seconde édition vint avant la fin de l'année.

 

Dans l'année suivante, une réponse à celui-ci fut publiée, sous le titre suivant. "Un Traité sur le Saint Esprit, dans lequel l'autorité de Dieu pour la troisième Personne de la Trinité est fortement affirmée par les arguments de l'Ecriture, et une défense contre les subtilités de John Biddle : par Nicholas Estwick, parfois membre de la Christ-Colledg à Cambridge, et maintenant Pasteur de Warkton dans la pays de Northampton. Londres, 1648," 4 to. Dans les premières vingt deux pages, l'auteur professe de prouver la déité du Saint Esprit, par l'Ecriture et la raison. Ses arguments sont au nombre de huit. 1. Que l'Esprit Saint a les noms de Dieu qui lui sont absolument attribués : 2.  Que l'Esprit Saint a un culte religieux qui est démontré pour lui : 3.  Que l'Esprit Saint a les propriétés incommunicables de Dieu : 4.  Que l'Esprit Saint est simplement supérieur au Christ, comme homme : 5.  Que l'Esprit Saint fait ces œuvres seulement avec les productions de Dieu : 6.  Que l'Esprit Saint fait ce qu'il veut et dispense ses dons comme bon lui fait plaisir : 7.  Que l'Esprit Saint est l'auteur des grâces salutaires : et 8. Que l'Esprit Saint est un témoin céleste, et un dans la nature avec Dieu le Père. Donc l'Esprit Saint est Dieu. Mr. Estwick alors répondit aux arguments de Biddle l'un après l'autre (pp. 33-95), et cette réponse se conclue par un post-criptum, (pp. 96-99,) la dernière partie duquel est adressée directement à Mr. Biddle, pour qui M.  Estwick dit, qu'il craint qu'il ait été endurci en son cœur, "et soit rendu comme un inflexible, incapable de toute impression de vérité céleste." (p. 98.) "Considérez, je prie," disait Mr.  Estwick, "que vous vous êtes mis vous-même une forte adversité, qui ne peut être résistée, qui prévaudra sur vous. Rapportez vos armes en temps pour lui, qui donneront gloire pour son grand nom, et réprimera votre force dans les temps à venir, en gardant l'honneur de sa grandeur, comme vous avez été un instrument  livré pour défier sa Majesté suprême, c'est une victoire à être gagnée pour la Vérité." (p. 99.)

 

Une autre réponse aux "Douze Arguments," de Mr. Biddle sous le titre "Le Saint Esprit justifié," fut publiée, en 8 vo, par William Russell, qui reçu la première partie de son éducation dans l'école de Wotton sur Edge, et avait, probablement, été un co-élève avec Biddle. (Atehn. Oxon. Vol. II. P. 235.)

 

Le 2 mai, une sévère Ordonnance fut passée, pour infliger la peine de mort sur ceux, qui niaient la doctrine de la Trinité, mais néanmoins ceci, M. Biddle poursuivit imperturbablement, une course en avant, et publia, dans la même année, "Une confession de foi touchant la Sainte Trinité selon l'Ecriture." Cette confession était en six parties, chacune illustrée par des passages de l'Ecriture, et confirmée par des arguments valables. Elle était inaugurée par une préface, pour laquelle le nom de l'auteur est joint, et où il pointe, avec grande audace et vigueur de langage, que les maux résultent de la croyance en la doctrine la Trinité, et dit, que les termes utilisaient par les trinitaires, dans le but d'expliquer leur doctrine, sont "ajustés plus par des charlatans que des Chrétiens."  Nicholas Estwick écrivit un examen de cette "Confession de foi,", qui fut publié à Londres, en 1656, 4 to.

 

Un autre travail de Mr. Biddle apparu en 1648, intitulé "Les témoignages d'Irénée, Justin Martyr, &c., concernant le Dieu Unique, et les Personnes de la Trinité." Il était anonyme, et aucun nom d'éditeur ou date n'étaient donnés dans la page du titre. Des extraits furent édités dans le grec original et le latin, et furent accompagnés par une traduction en anglais, et en conclusion, l'auteur dit, "Ces témoignages humains écrit au dessus, que j'ai allégué, non que je les considère plus, comme pour moi-même, (qui ne font pas l'utilisation à un autre Dirigeant pour déterminer les controverses au sujet de la religion, que l'Ecriture, et autres interprètes authentiques, si un scrupule se manifeste au sujet du sens de l'Ecriture, qui raisonne :) mais par égard des Adversaires qui continuellement fissurent 'les Pères.' Et par de tels hommes comme des dissidents de l'Eglise de Rome, mis à côté de cette Supplication, alors qu'ils soient en controverse avec les Papistes au sujet de divers points, bien que pourtant, ils les prennent encore, d'une manière vacillante de l'Ecriture, quand ils arguent sur moi, et pour d'autres pour le même jugement que pour moi." (Pp. 83, 84.)

 

         Biddle ne fut pas mis en procès pour avoir publié ces travaux, mais fut détenu en prison, et non par ces Théologiens, qui professaient pour être tant choqués de ses allégations hérétiques et blasphématoires, qui consentaient à le visiter et raisonner avec lui. Le Dr. Gunning, par la suite Evêque d'Ely, était le seul Ministre Chrétien, qui prit toutes les peines de le convaincre qu'il était en erreur. Cet ecclésiastique, qui était profondément cultivé, et un sérieux orateur, eut plusieurs discussions amicales avec lui, mais ne réussit pas à produire un quelconque changement pour ses sentiments religieux. Après longtemps, les plus zélés membres presbytériens furent avec vigueur exclus de la Housse of Commons, et la puissance exécutive étant sous le contrôle de l'armée, il obtint une certaine relâche de la sévérité pour son confinement. Plusieurs personnalités le visitèrent, en partie par curiosité, et en partie avec l'idée de concerter les mesures pour son extension. Un de ceux-ci, un Magistrat résidant dans le pays de Stafford, qui avait pris plaisir avec son "discours religieux, et sainte conversation," lui procura sa libération, en sécurisant sa présentation, où partout il pourrait être appelé, et Biddle non seulement officia pour un certain temps comme Chapelain pour ce gentleman, mais devint Prédicateur dans l'une des églises paroissiales voisines. Le non de cette personne bienveillante n'est mentionné par les historiens contemporains, ou il serait impardonnable, dans cette liaison, de la passer sous silence.

 

         Biddle n'a pas longtemps conservé sa liberté, quand le Juge Bradahaw, Président du Conseil de l'Etat, fut à la base qu'il soit de nouveau appréhendé et remis en prison. Non longtemps après, son bienveillant patron décédait, et lui laissait un petit lègue, qui fut bientôt dévoré pour le paiement des frais de prison. Il était maintenant réduit à un état de grande indigence, et n'ayant aucun moyen de se procurer les plus petits conforts, dont il était coutumier avant que ce maigre fond soit épuisé, et son principal support consistait d'un peu de lait de vache chaque matin et soir.

 

         Après longtemps, le soulagement vint d'un parti inespéré. Un homme cultivé, qui connaissait sa compétence pour entreprendre, le recommanda, comme correcteur de presse, à Roger Daniel, un éditeur de Londres qui était sur le point de publier une édition pour la Septante. Celle-ci, et d'autres occupation littéraires, d'une nature plus privée, non seulement servait pour le distraire de l'ennui de ses heures de prison, mais étaient bien incapable, pour un certain temps de lui procurer une subsistance confortable. Mr. Firmin, qui après devint son loyal conseillé, et meilleur ami, qui n'était pourtant pas de son apprentissage, mais jeune comme il était, s'aventura de délivrer une pétition pour la libération de Newgate de Mr. Biddle à Olivier Cromwell, qui lui fit cette courte réponse. "Vous jeune homme, pensez-vous que je donnerai une quelconque faveur à un homme qui ni notre Sauveur, et perturbe le gouvernement?" (Kennet's Register and Chronicle, p. 761, apud Birch's Vie de Tillotson, 2ème Edition. P. 293.)

 

         Le 10 février 1652, le Parlement passa un Acte d'Oubli, qui restaurait Biddle, parmi d'autres, pour la joie de la totale liberté. La première utilisation qu'il fit de cette liberté recouvrée, fut, de rencontrer chaque jour du Seigneur, ses amis, qu'il avait gagné à Londres, et de leur exposer les Ecritures, par lesquels plus de moyens étaient investis envers la diffusion de ses idées religieuses. Les Ministres presbytériens de Londres étaient grandement perturbés par cela, mais étaient incapables d'y mettre un arrêt, en appelant l'aide de la puissance séculière, qui était alors favorable pour la liberté de conscience.

 

         Dans le cours de la même année, l'enseigné John Cloppenburg publia une réponse au "Douze Arguments," de Biddle contre la doctrine reçue au sujet du Saint Esprit et l'intitula, "Vindiciae pro Deitate Spiritus Sancti, adversus Pneumatomachum Johannem Bidellum, Anglum." Pour un évènement, Cloppenburg, peu après que le livre de Biddle soit édité, était à Bristol et rencontra William Hamilton, qui lui en présenta uns copie, et entra en discussion avec lui au sujet de son contenu. Hamilton était un presbytérien, et un homme cultivé. Il fut fait Membre du collège All-Souls, à Oxford, par les Visiteurs en 1648, mais fut privé de son privilège, ayant refusé de prendre le serment Indépendant, appelé "l'Engagement." Par la suite, il alla aux Pays Bas, et résida à Franeker environ une année, quand Cloppenburg publia sa réponse à Biddle. Durant cette période dans ce pays, une traduction en anglais du catéchisme de Rakow fut imprimée à Amsterdam, sous le titre suivant. "Le Catéchisme de Rakow, en lequel vous avez la substance de la confession de ces églises, qui dans le Royaume de Pologne, et dans le Grand Duché de Lituanie et autres Provinces appartenant à ce Royaume, qu'il n'y a personne d'autre qui sauve que le Père de notre Seigneur Jésus Christ, et qu'un Dieu pour Israël, et que l'homme Jésus de Nazareth, qui est né de la Vierge, et pas un autre comme lui, ou avant lui, est le seul Fils engendré de Dieu. Edité à Amsterdam, par Brooer Janz, 1652," 8 petits volumes. Le Dr Toulmin, dans son "Mémoires de Faust Socin," (p. 260,) suppose sa version pour avoir été le travail de John Biddle, et dit qu'il était probablement sa traduction en anglais, qui a été commis aux flammes en Angleterre, par ordre du Parlement, en 1653, (mis par erreur pour 1652). Mais il apparaît des Votes du Parlement, qu'il n'était pas la traduction en anglais, qui fut brûlée dans la période du Commonwealth, mais une édition d'une version en latin de Jérôme Moscorovius, éditée à Londres, en 1651, ni ce n'est par aucun moyen certain, que la traduction en Anglais de 1652, était de John Biddle. Ses autres travaux étaient tous, sans exception, édité en Angleterre, et bon nombre d'eux à la période, où il n'était par aucun moyen prudent, ou sûr, de prendre une telle responsabilité. Ce n'est pas plausible, cependant, qu'il voulu envoyer cette traduction aux Pays Bas pour être éditée, alors qu'il n'avait rien pour être appréhendé en étant imprimé dans son propre pays, et il est notoire, qu'à ce moment, que la liberté de conscience était plus respectée en Angleterre, qu'elle avait était même avant. De plus, dans l'année 1652, l'Angleterre et les Pays Bas étaient en guerre, qui rendait toutes littératures et communications privées entre les deux pays  extrêmement hasardeuses. Mais, il sera toujours plus concluant, que Mr. Biddle publia ses deux catéchismes en 1654, et à la même période qu'il exprima son mécontentement avec tous les catéchismes existants; dont il aurait guère avoir fait aussi, puisque après, étant dans les douleurs de préparer et publier une traduction du catéchisme de Rakow. Il semble bien plus probable, cependant, que William Hamilton, de qui Cloppenburg était redevable de sa première connaissance des écrits de Mr. Biddle, et qui passa l'année 1651 aux Pays Bas, (qui injuriâ temporum in has regiones delatus annum hic fuit commaratus,) fut dans une certaine mesure instrumentalisé dans la publication de la version en question, si ce n'est pas lui-même le réel traducteur. Il est possible, qu'il puisse avoir été un des nombreux livres sociniens, dont John Webberley traduisit, et publia sans son nom.

 

         La version est très paraphrasée dans de nombreux endroits, et des clauses sont parfois introduites par le traducteur, quand les phrases dans l'original n'apparaissent pas pour coïncider avec les siennes. Un cas remarquable est particulièrement fait allusion par le Dr. T. Rees, dans son "Introduction Historique, " (p. 71,) et cité par lui dans une note de sa propre traduction (sect. Iv. chap. 1 . p. 75). Ce passage interpolé, il est vrai, contient des idées identiques à celles de M. Biddle, qui rend le Saint Esprit une créature étant le principal esprit parmi les anges bons. Mais Mr. Hamilton doit avoir entretenu ces vues, "quand, " comme Wood disait, "il débattait la controverse" avec Cloppenburg, et il apparaît pour avoir été une des maximes de Mr. Webberley, que des libertés peuvent être prises dans la traduction des livres sociniens, pour autant qu'on les adaptes à la tache de cette classe de lecteurs anglais à qui ils sont désignés.

 

         Dans l'année 1653, Richard Moone, à la Seven Stars, dans Paul's Churh-Yard, publiait des traductions anglaises de quelques tracts, écrit par les sociniens polonais. Une de ceux-ci était intitulé, "Une brève enquête touchant un meilleur moyen, qu'il n'est communément utilisé, pour réfuter les papistes, et réduire les protestants à une certaine unité en religion." L'original de celui-ci, écrit en latin, fut pour une longue période attribué à John Hales, et est énuméré dans la liste de ses écrits par Antonny Wood. (Athen. Oxon. Vol. II. p. 201.) Mais son auteur était Joachim Stegmann, ce qui est affirmé par Sandius. (B.A. p. 133.) La traduction en anglais est usuellement attribuée à John Biddle, et une copie est portée dans un volume des traités de Biddle, maintenant couché avant l'auteur du présent traité. 

 

         Un autre des traités, dont il fit allusion, était "La Vie de cet home incomparable, Faust Socin, Senensis, décrite par un Chevalier polonais : auquel il est ajouté un excellent discours, que le même auteur voudrait avoir introduit comme pour les Travaux de Socin, rassemblé avec un catalogue de ses travaux." Le Chevalier polonais est Samuel Przipcovius, et la Vie, qui était écrite en latin, est une qui suggérait au Dr. Touhmin, le projet d'écrire son "Mémoires de Faust Socin." Les traducteurs initiaux, J.B. sont joints à un message pour le Reader.

 

Une troisième traduction, pour laquelle Mr. Biddle fut accrédité, portait le nom suivant. "Un discours touchant la paix et l'accord de l'Eglise." Celle-ci était aussi d'une traduction en latin de Przipcovius. Le traducteur ajoute un post-scriptum, dans lequel il fait un appel courageux et recherché à ceux, qui s'arrogent le titre d'orthodoxe et marquent les autres du nom d'hérétique.

 

Dans l'année 1654, Mr. Biddle et ses amis se rencontrèrent chaque dimanche pour le culte religieux, et l'édification Chrétienne. Les principes qui les portaient ensemble, selon Sir Pierre Piett, étaient les suivants. "Que les Pères sous l'ancienne alliance qui était seulement promise temporellement, disaient que la foi, qui sauve consiste en l'obéissance universelle, qui est réalisée selon les commandements de Dieu et du Christ, que le Christ a été relevé seulement par la puissance du Père, et non par la sienne, que la justification de la foi n'est pas un don pur de Dieu, mais peut être également acquise par les capacités naturelles de l'homme, cette foi ne peut rien croire de contraire, ou au dessus de la raison, qu'il n'y a pas de péché original, que le Christ a le même corps maintenant dans la gloire, dans lequel il a souffert et a ressuscité, que les saints n'ont pas le même corps dans le ciel qu'ils avaient sur la terre, que le Christ n'était pas un Seigneur ou un Chevalier avant sa résurrection, que les saints ne se réjouiront pas, avant le jour du jugement, de la félicité céleste, que Dieu ne connaît certainement pas les futures contingences, qu'il n'y a aucune autre autorité des pères et conciles généraux, pour déterminer les questions de foi, et que le Christ, avant sa mort, n'avait aucune domination sur les anges, et que le Christ, en mourant n'a pas rendu l'expiation pour nous." (Préface de Happy Future State of England de Sir Pierre Pett. Londres, 1688.)

 

Leur discussion, et pour des questions similaires, au temple de Mr. Biddle, bientôt attira l'attention des étrangers, et le Dr. Gunning, dont ce nom a déjà été au par avant mentionné en liaison avec celui de Mr. Biddle, y vint, avec une partie d'amis cultivés, sur une occasion, et entra en un débat avec lui sur la déité du Saint Esprit. Le samedi suivant, par consentement mutuel, ils discutèrent de la question de la déité suprême de jésus Christ, en la présence de la même audience. Le débat fut conduit dans les manières syllogistiques régulières. Chacun prit son propre tour en répondant et en s'opposant, et Mr. Biddle, comme les amis qui accompagnaient le Dr. Gunning avaient l'ingéniosité d'admettre, qu'ils déployaient un considérable enseignement, jugement, et connaissance des Ecritures, au cours du débat.

 

Pour une autre occasion, le Dr. Gunning, entra subitement dans un temple, et écoutait Mr. Biddle parler contre l'expiation de la justice punitive par la mort du Christ, le Docteur la défendait vigoureusement et chaudement. Mais pour celle-ci comme pour les deux premières occasions, il rencontra un opposant habile en la personne de Mr. Biddle, comme il l'admit lui-même par la suite.

 

         A la même période un autre adversaire entrait en liste contre Mr. Biddle, et l'attaquait, non avec la langue, mais avec la plume. C'était le célèbre compilateur de cette série de folios, portant le titre de "Synopsis Criticorum Bivliorum," le Révérend Matthew Poole, M.A., du Collège Emmanuel, à Cambridge, qui publia "Le blasphémateur tué avec l'épée de l'esprit : ou, une supplication pour la Seigneurie du Saint Esprit, dans la déité du Saint Esprit est prouvé contre les chicaneries de John Biddle. Londres; 1654," 12 mo. Mr. Biddle n'apparaît pour avoir pris aucune notation de cette réponse. Son temps était, sans aucun doute, mieux occupé avec d'autres sujets, et il peut lui avoir sembler valable de son souhait de dépenser davantage de travail sur un point, pour lequel il avait déjà donné sa pensée en public. Mais sa plume n'était pas laissée au repos, car il produisit, cette même année, les deux catéchismes, pour lesquels la mention a déjà était faite accidentellement. Ils vinrent sous le titre suivant de "A Twofold Catechism (Un Double Catéchisme,) ; le premier appelé A Scripture Catechism ; l'autre, A brief Scriptures Catechisme for Children."

 

         Un travail de cette nature ne pouvait tout simplement pas échapper aux yeux des ennemis de Mr. Biddle. Il fut souvent l'objet de vitupération du pupitre, et, par la publicité qu'ainsi il acquérait, certaines personnes, élues pour siéger au premier Parlement de Cromwell, étaient amenées à s'en plaindre auprès de la House of Commons. Le Parlement en assemblé le 3 septembre 1654, et ayant une accusation portée contre Mr. Biddle, il se retrouva placé devant la barre de la House of Commons, dans le début de décembre, et on lui demanda s'il avait écrit ce livre? Il répondit en questionnant, s'il semblait raisonnable, qu'on l'amena devant un jugement comme un criminel, et devant s'accuser lui-même? Après certains débats, et résolutions, il fut le 13 décembre, commis à être emprisonné étroitement à la Maison de Garde, et interdit d'utiliser plume, encre, et papier, ou d'avoir accès à n'importe quel visiteur, et toutes les copies de son livre, qui pouvaient être trouvées, étaient ordonnées pour être brûlées. Cette résolution fut mise à effet le jour suivant, et un compte rendu était par la suite ordonné pour être apportée dedans, pour le punir. Mais après environ six mois d'emprisonnement, il obtint sa libération, à la Cour de la Upper, ou Mandat du Roi, le 28 mai 1655, par le du cours de la loi.
Il fut libéré après un peu plus qu'un mois, avant qu'il soit impliqué dans de nouvelles difficultés. Plusieurs membres de l'Eglise Baptiste, sous le soin pastoral du Révérend John Griffin, ont été emmenés à embrasser ses sentiments  selon la Trinité. M. Griffin s'alarma, et pensa être en son devoir de confronter Mr. Biddle dans un débat public, et Mr. Biddle ne se sentit pas moins en son devoir d'accepter ce débat, bien qu'une telle exhibition était totalement à l'opposée de ses propres souhaits, particulièrement tel qu'il connaissait M. Griffin pour être une personne de petite éducation, et incapable d'enter dans les pleins mérites de la controverse. Le lieu où ce débat pris place, fut à la propre maison de rencontre de Mr. Griffin, qui était la Stone Chapel, dans la cathédrale Saint Paul, et le sujet de discussion fut la déité suprême de Jésus Christ.

 

         Au temps nommé, le débat prit place, en la présence de nombreux auditeurs, parmi qui, il y avait de nombreux ennemis invétérés de Mr. Biddle, particulièrement certains vendeurs de livres, qui s'étaient ligués eux-mêmes contre lui. Leurs noms étaient Thomas Underhill, Luke Fawn, et Nathanaël Webb. Ces hommes s'étaient rendus célèbres par leur faux zèle, et leur opposition ardue pour la liberté Chrétienne. Crosby, dans son "Histoires des baptistes anglais," (Vol. I. p. 209,) disait, qu'ils étaient connus par le nom de "Beacon-Firers." Exhorté par ces fanatiques, Mr. Griffin entama ce débat, en disant, si il y a quelqu'un ici pour nier que le Christ et le Dieu Très Haut? A cela, Mr. Biddle sans hésitation fermement répondit, "je le nie," et cette réponse sera par la suite un terrain d'accusation contre lui, dans une court de justice. Mr. Griffin entrait sur une preuve par l'affirmative, mais son incompétence pour discuter la question, avec un tel adversaire comme Mr. Biddle, bientôt devint apparente, et le débat fut différé à un autre jour, quand Mr. Biddle était sur le point de prouver son refus de position, stipulé par Mr. Griffin. Mais Mr. Griffin et ses amis, craignant de rencontrer Mr. Biddle, laissèrent une information contre lui, et fut la raison qu'il soit appréhendé, sur l'accusation de blasphème et d'hérésie, le jour précédant le nouveau débat. Il fut commis d'abord pour le Compter (petite prison,) dans le Poultry, et puis pour la prison de Newgate. A la Session qui suivit, il fut indiqué pour la Old Bailey, sur l'Ordonnance abrogée et obsolète, appelée "l'Ordonnance Drastique," qui fut passée le 2 mai 1648, mais qui n'avait jamais acquis la force de la loi. Dans un premier temps l'aide d'un avocat lui fut refusée, mais après quelque temps sa requête fut suivie, et le procès était prévu pour commencer le jour suivant. Mais le Lord Protecteur interposait son autorité, et mis un arrêt à la procédure.




suite partie N°2

 

 

 

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