Geisteranus John Everton (1586-1622).

Publié le par didier Le Roux

  Geisteranus John Everton, (Belge, Jan Evertez Gersteram,) était le fils d'Everhard  Geisteranus, dont Zeltner suppose pour avoir été la personne appelée Spiritus, par Modrevius, dans le premier livre de son Sylvae. Il est né à Alkmaar aux Pays Bas, le 8 novembre 1586, et fut nommé Pasteur de l'église de ce lieu.  

Dans l'année 1619, il fut destitué de cette fonction de Pasteur pour avoir tenu la communion avec les remontrants. Il différa d'eux, cependant, sur certains points: qu'il n'est pas légal pour un Chrétien d'exercer la fonction de Magistrat Civile, ou de porter des armes. Dans l'année 1614 et 1615, il discuta avec Conrad Vorsius sur ces sujets, en la présence des Ministres, Edward Poppius, Charles Rykwart, Samuel Naeranus, et John Speenhovius, maintenant son opposition sur tout avec eux, qu'il n'est pas légal à un Chrétien d'exercer la domination, ou d'infliger la violence sur les personnes et vies des autres hommes. La seule entorse pour cette loi, qui serait autorisée, serait celle de la correction paternelle. Davantage il fut dit sur les deux côtés, mais les opposants finirent, comme ils eurent commencés, chacun restant sur sa propre opinion. Vorstius insista particulièrement sur le danger de prendre de telles vues à la hâte, ou sur un fond insuffisant, et de pointer les inconvénients probables pour leur résultat, si elles étaient généralement adoptées, et agissaient sur les personnes communes. Il a davantage prévalu sur Geisteranus, de lui extraire une promesse: qu'il voudrait utiliser une grande caution en dissimulant de telles vues. Mais l'intérêt que Geisteranus portait sur le sujet, ne lui permit pas de rester silencieux. Tout d'abord, il fut prudent dans l'expression de ses idées, mais graduellement il rejeta toute réserve, et fut impatient de voir l'opportunité de faire des convertis à celles-ci.

 

Le 8 ou 9 mars 1619, il y eut un tumulte à Alkmaar, occasionné par des différents religieux, lesquels alors existaient aux Pays Bas. Geisteranus fut examiné selon les raisons de ce tumulte, et qui était totalement l'œuvre de son parti, et l'effet de ce qu'il avait dit à ses auditeurs. Ayant nié ceci, il lui fut dit, que si ce n'était pas dans les faits, c'était au moins les évènements, ou le résultat de ce qu'il avait dit, à quoi il répondit, dans les mots du poète,

 

Careat successibus opto,

Quisquis ab eventus facta notands putut.

 

Il fut alors mis en procès, et questionné par Vincent Mousefoot, Ministre de Schagen, et Président de la Classis, ce qu'il pensait de la divinité du Christ, de la Sainte Trinité, et de l'existence de Dieu? Il demanda de connaître, en réponse, pourquoi on lui présentait de telles questions? Et on lui dit, que, s'il est innocent, il n'aurait aucun scrupule à répondre, en raison qu'il est dit par l'Apôtre Pierre, dans sa première épître, chap. 3 : 15, "Etre toujours prêt de donner une réponse à tout homme qui vous demande la raison de l'espoir qui est en vous." Il répondit, que s'il est ici questionné, qu'un homme devrait s'être préparé pour se justifier, qui est pour répondre à une accusation, mais non de découvrir sa pleine idée ou retourner une réponse à chaque question qui peut lui être amenée, ajoutant, cependant, qu'il était déjà prêt pour entrer sur sa défense, où ils choisiraient de porter une accusation spécifique contre lui. "Mais laissez le être," il continua, "comme St. Paul disait à Timothée, (1er Epi. Verset 19,) 'devant deux ou trois témoins.' En quoi, concernent les autres personnes, mes propres opinions sur cela, ou cet article? Je ne comprends pas la justice pour une telle question. Si elle est pour connaître les doctrines que j'enseigne, qu'elle vienne à mes sermons, ou envoie une personne qui pourrait vous en donner un récit. J'ai prêché en public, et chacun était libre de m'entendre. Laissez d'autres témoigner sur ce qu'ils ont entendu."

Après plusieurs paroles, il fut induit de répondre à certaines de leurs questions, confessant son ignorance sur certains points, et déclarant ses idées sur d'autres. Parmi ces choses, il dit pleinement, qu'aucun dirigeant Chrétien, ou aucune autre personne, devrait utiliser l'épée contre un homme, qu'il n'est pas légal à un homme de s'engager dans la guerre, ou de se défendre lui-même en cas de guerre qui serait  engagée contre lui, et que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu. Etant questionné, s'il n'était pas Dieu aussi, et s'il était de toute éternité? Sa réponse fut, "Je ne peut pas dire cela, mais le plus que je m'efforce d'y trouver, et la grande diligence que j'utilise en le recherchant de l'intérieur, soit dans les Ecritures elles-mêmes, ou les écrits des expositeurs, le plus que je suis perplexe dans mes idées à son sujet." Etant davantage questionné quant à sa position au sujet de la Trinité, il répondit, "Les frères peuvent juger de cela, par ma première réponse." "Mais," ils dirent, "que croyez-vous au sujet du Saint Esprit? Est-ce une intervention et un mouvement?" Sa réponse a celles-ci, et autres questions amenées sur ce même point, était, "Qui, de mes frères, peut nous expliquer, quelle est l'essence du Sait Esprit? Qui peut donner un récit pour l'essence de sa propre âme? Ni, il est nécessaire de connaître l'essence de l'Esprit Saint.

Dans le but d'acquérir le don de l'Esprit Saint. Cela nous est seulement représenté par de sombres similitudes, comme un vent, un feux, et autres choses. Laissez-nous, cependant, être satisfaits de ce que les Ecritures disent à ce sujet. Un homme doit avoir une âme rationnelle, sans être capable de définir ce qu'elle est. Ainsi il en est de même avec le Saint Esprit. Un homme doit trouver par sa vie, mouvements et interventions, ce qu'il trouve en lui-même, il sait qu'il y a un Saint Esprit. Laissez-nous, cependant, plutôt parler des fruits, des effets, des bénéfices du Saint Esprit, de comment ils sont acquis, et comment ils sont préservés. Ceci tend à l'édification : mais de rechercher dans des choses inscrutables ne peut édifier personne." Il fut davantage questionné, s'il estimait le Christ pour n'être pas plus qu'un exemple, ou modèle, comme les sociniens? A quoi il répondit, " Je le tiens pour être non seulement un modèle, mais un sacrifice propitiatoire."

 

Le résultat de cette procédure inquisitoire fut, qu'il se retrouva condamné de s'abstenir de l'exercice de toutes fonctions spirituelles, et par le conseil de ses frères, il s'abstint de prêcher. Les Etats des Pays Bas et  de Friesland de l'Ouest, lui ordonnèrent, et à son frère Peter, de se retirer à Gravesande, un village des Pays Bas du sud, environs à quatre miles de la mer. Par conséquence, ils s'installèrent en ce lieu, mais il se présenta à eux de personnes, alors qu'ils étaient en chemin, que cela pu être l'intention de leurs ennemis de les transporter pour l'Angleterre, où ils partageraient le même destin que Bartholomew Legate et Edward Wightman. Ils déterminèrent, cependant, de se cacher, et d'envoyer un mémoire respectueux aux Etats, dans lequel ils assignèrent leurs raisons de ne pas aller à Gravesande, et s'efforcèrent d'établir leur propre innocence. Ce qui suit sont les extraits de son mémorial qui servira à montrer la nature de leurs opinions. 

 

"Comme pour notre doctrine concernant la personne de Jésus Christ, nous avons reconnu, en la présence de nos juges, qu'il est le Christ, le Fils de Dieu, et notre Seigneur et Sauveur. C'est la vraie thèse évangélique, qui contient toute la doctrine des Chrétiens. Elle a été proclamée par les anges, attestée par la voix de Dieu, et prêchée par les apôtres. Et en dernier, c'est par cela, que les Chrétiens sont distingués de tous les autres hommes. Certains parlent d'une confession orthodoxe, et d'une confession qui est hétérodoxe. La confession, qu'ils appellent orthodoxe, est exprimée en mots pompeux, non pour être fondée dans l'Ecriture, et la confession hétérodoxe est faite à partir des mots même de l'Ecriture. -Dieu et Christ ne doivent pas requérir de mots inventés par les hommes, mais une vie pieuse et Chrétienne. S'il nous est posé la question, quelle est la meilleure religion? Nous répondons, celle qui porte les meilleurs fruits. 'Par ceci nous reconnaissons que nous le connaissons vraiment' disait St. Jean, 'si nous gardons ses commandements. Celui qui dit, je le connais, et ne garde pas ses commandements, est un menteur, et la vérité n'est pas en lui' (I Jean 2 : 3, 4.) St Paul parle le même langage dans son épître aux Ephésiens, 4: 20.-Nous maintenons que les Chrétiens sont justifiés par les bonnes œuvres, et nous sommes prêt déjà de montrer, que par la Loi et les œuvres, donc St Paul exclu dans son discours de la Justification, il ne doit pas signifier les préceptes de l'Evangile, et ces bonnes œuvres que le Christ requière de nous.-"

 

Après ils envoyèrent son mémoire aux Etats, John Geisteranus se cachait à Warmond, prêt de Leyden, où il enseigna et exerça le métier de tisserand, et maintenait sa famille par le travail de ses propres mains. Il fit allusion de son intention de se dévouer à un certain emploi manuel, dans une lettre adressée à John James F. Coddaeus, le 2 juin 1619, mais apparaît à cette période pour ne pas avoir décidé de quel emploi il serait.

 

La confession des deux frères fut lue à la 138 Session du Synode de Dort, et déclarée pour être socinienne et blasphématoire. Après ceci, John Geisteranus quitta les remontrants, et joignit les rhynsburgers, ou collegiants. Il est dit, qu'il consentit d'être rebaptisé par eux, et bien qu'il ne parla jamais à leurs rassemblements, il a tout fait en son pouvoir, dans d'autres manières, de recommander leurs opinions. Son peu d'enthousiasme pour prendre part dans leurs assemblées à l'église est suffisamment vu par le fait, qu'il fut chassé après par le gouvernement, et aussi étroitement surveillé, que, pour prévenir d'une surprise de ses persécuteurs, il était obligé, où il travaillait à son métier à tisser, de ramper de la mansarde d'une maison à celui d'une autre, par un trou dans un mur mitoyen, qui était couvert par une machine de vannage.

 

Dans l'année 1620 un livre fut publié, intitulé, "Un avertissement pour les églises oppressées, avec respect pour l'établissement d'une confession." Ce livre était sans le nom de l'auteur, mais supposée pour avoir été écrit par John Geisteranus. L'objet de celui-ci, était de persuader les personnes, que l'établissement d'une confession n'était pas nécessaire et non scripturale, aussi bien inconsistante avec la véritable liberté Chrétienne. Sur cette occasion, les trois directeurs du corps remontrant, Uitenbogaerdt, Episcopius et Grevinkhovius, établirent qu'un tel "Avertissement" était tombé entre leurs mains, mais que l'auteur n'avait pas vu ce qu'ils préparaient, et n'était pas bien informé concernant leur conception Chrétienne, et qu'ils avaient résolu, par l'aide de Dieu, d'établir une telle confession comme elle ne devrait pas être désobligeante pour la Parole de Dieu, ou préjudiciable pour la liberté de conscience dans aucune façon.

 

Durant le cours de l'année 1620, John Geisteranus fut invité à s'installer en Pologne. La situation d'Enseignant dans le collège de Rakow lui fut offerte par Ruarus, qui alors tenait la fonction de Recteur dans cette institution, mais il la refusa, choisissant plutôt d'obtenir un gagne pain par l'occupation de tisserand.

 

Alors qu'il fut un certain temps à Warmond, il quitta ce lieu, et alla pour Norden, un  port de Friesland Est, duquel son frère Peter s'était retiré. Ici, il continua d'exercer le métier de tisserand et de gagner une subsistance pour lui-même et sa famille par le travail de ses propres mains, mais il était satisfait et capable en dehors de ses petits gains, de contribuer au support de ceux-ci, dont les nécessités étaient plus importantes que les siennes. Durant la période que la peste fit rage à Norden, tuant rapidement les habitants de toutes les rues, il n'eût pas de scrupule à visiter les malades, et même de convoyer les morts à leurs enterrements par nuit, alors que personne ne pouvait être trouvée pour leur rendre ces moindres services. Le 11 octobre 1622, il fut lui-même attaqué par cette maladie, et amené pendant plusieurs jours en grande agonie, mais toujours patient, et résigné pour la volonté de Dieu. Son frère Peter fut son intendant permanent durant sa maladie, et ne pouvait pas être persuadé de le quitter. Il conserva ses facultés jusqu'à la fin, et expira, respirant rien sauf la pitié et la bonté, le 14 octobre, dans sa trente sixième année. Il laissa seulement un fils, Evert, ou Everhard, âgé d'environ six années, décédera de la même maladie de Carré , le 2 novembre, comme ce fut aussi pour sa veuve, qui, ayant donné naissance à un enfant mort-né, expiait le jour suivant. Son frère Peter, écrivant à leur mère, dit, "Vous avez offert un fils au Seigneur, un qui ne fut pas méprisé par ceux qui ne le connaissaient pas, et qui pouvait jamais être suffisamment recommandé par ceux qui le connaissaient bien." Uitenbogaerdt et Episcopius, entendirent les nouvelles de sa mort, alors qu'ils étaient à Paris, écrirent, dans une certaine lettre, "qu'il était une personne, qui pourrait avoir été très utilisée pour la cause commune, si, avec la piété de sa vie, il avait exercé plus de modération en certaines matières, par amour de la  paix et de l'unité."

 

John Geisteranus fut l'auteur de :

 

1. Un sermon sur la libération de Alkmaar, livré le 8 octobre 1618.

 

2. Idolelenchus, un poème, communément annexé pour les Hymnes de Théodore Raph. Camphuysius, qui le traduisait en versets hollandais.

 

3. L'accord de Paul et Jacques.

 

4. Un confession montrée au Synode de Dort, le 24 avril 1619.

 

5. Sur des distinctions verbales.

 

6. De Dilectione.

 

7. De Magistratu.

 

8. Un lettre pour John James F. Coddeaeus, datée du 2 juin 1619, et insérée dans Animadv. Philol. De Crenius, et Hist. P. 7. C. 3. 

 



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