Vorstius (Vorst) Conrad (1569-1622)

Publié le par didier Le Roux

Vorstius Conrad Théologien, d'origine allemande, considéré hétérodoxe, se retrouva au centre de nombreuses polémiques. Etait-il un Remontrant déclaré, un Socinien dissimulé, ou encore les deux, cette article inspirait par un honnête commentaire vous permettra certainement de vous en faire un avis…

Vorstius (Vorst) Conrad est né le 19 juillet 1569, à Cologne. Son grand père était un conseiller de l’Electeur, et Son père Diedrick Vorst un Teinturier qui n’avait pas encore rompu avec l’Eglise Romaine, c’est pourquoi, il s’est fait baptisé dans sa paroisse. Bientôt après, il s'engagea dans l’Eglise Protestante en secret, et y attira sa femme. Ils avaient dix enfants, et ils se destinèrent aux études de celui-ci. Il apprit la grammaire, un peu de Rhétorique, de Latin et de Grec dans le village de Bebderdyk, dans le pays de Reifferscheid, et y passa cinq années. Après quoi, il alla à Düsseldorf dans l’année 1583, où il  étudia le Philosophie de Pierre de La Ramée (1515/1572), et dans l’année 1586, pour Aix la Chapelle, ou il s'appliquait à celle d’Aristote (-384/-322). Il passa l’année suivante à Cologne dans le Collège de Saint  Laurent, où il apprit diverses choses.

Malheureusement, deux raisons l’empêchèrent de prendre le degré de Bachelier en Philosophie. L’une était qu’il ne voulait pas trahir sa conscience, en jurant qu’il la soumettrait aux décisions du dernier Concile de Trente, l’autre c’est que l’on songea de le retirer de ses études pour en faire un marchant, à cause du mauvais état des affaires de sa famille. Ses études, alors, souffrirent une interruption, la pauvreté fut une raison pour laquelle on voulait le faire marchant. Il employa deux années à apprendre ce qui pouvait lui servir dans le commerce, l’Arithmétique, le Français et l’Italien. Après cela, John Badius, un des Pasteurs persécutés de Cologne, l’avisait d’étudier la Théologie, il fut envoyé à Herborn, et se remit à l’étude dans l’année 1589. Il y avait trois ans que Piscator y enseignait la Théologie, et Vorstius l’étudiât sous lui avec beaucoup de succès, et se mit même à enseigner les enfants de belle condition.

Il s’en alla à Heidelberg au mois de mars 1593. Il y fut nommé Docteur en Théologie au mois de juillet 1594. Un an après il alla voir les académies de Suisse, et celle de Genève. Il soutint deux fois des thèses à Bâle, de Sacrementis, et de causis falatis. Il préparait une troisième discussion contre Sociu : de chrisla fervature, mais voulant hâter son départ, il n’acheva pas cet écrit. Il en laissa l’original à  Gryngus, et il le retira lors qu’il repassait par Bâle. Le premier Ouvrage qu’on lui accorde est un Recueil de cette sorte de thèses, qui en contient plus de vingt soutenues en divers thèmes, à commencer par l’année 1594. Il se mit en tête de ce recueil les thèses de sanfta Trinitate, boc eft de Deo Patre, Fillio, Spiritu sancto, et les thèses de Perfona, Officio Christi, et quelques thèmes, après, il s’en servi comme une Apologie contre ceux qui l’accusaient de socinianiser sur ces deux points : car, afin de fermer la bouche de la médisance, il réimprima à part ces deux thèses dans l’année 1612. Nous verrons dans les remarques suivantes qu’il s’était rendu suspect de cette 'hérésie'. Il fit des leçons en Théologie dans cette dernière, à l’instigation de Théodore de Bèze, et il s’en acquitta si habilement qu’on lui offrit la fonction de Professeur. Mais, il ne l’accepta point, ayant des raisons de s’en retourner chez lui. C’est qu’on lui offrit un poste en Théologie à Steinfurt (Nord du Rhin, Westphalia). La lettre de vocation lui fut donnée à Genève au mois de Février 1596. Il accepta cet emploi, et en rempli les fonctions d’une manière qui le rendit fort célèbre, et qui le fit souhaiter par d’autres académies.

M. du Plessis Mornai et l’Eglise de Saumur lui écrivirent au mois de juillet 1602, pour le prier d’accepter la Chaire de Professeur de Théologie dans l’académie que l’on venait d’établir en ce lieu-ci. Vorstius ne répondit pas positivement : le Comte de Bentheim qui souhaitait le retenir de toute force répondit à M. du Plessis, et la chose n’eut pas de suite.

Dans l’année 1606, Maurice Landgrave de Hesse offrit à Vorstius un poste en Théologie à Marpourg, et après lui avoir écrit diverses fois sur ce sujet, il lui envoyait un carrosse et un trompette, afin que le Professeur fasse le voyage honorablement et avec commodités. Le Comte de Bentheim, n’accorda point de congé, les parents et les amis de Vorstius le prièrent de ne pas changer d'endroit, ainsi la vocation pour Hesse fut sans effet, comme celle de Saumur. Si celle de Leyde avait eu un pareil succès, il y a bien des raisons de croire que Vorstius serait mort en odeur d’Orthodoxie, car il faut noter que les soupçons, qu’on eut contre lui dès avant l’année 1599, furent suffisamment effacés par les démarches qu’il fit au Palatinat. En effet, Monsieur de Plessis Mornai ne l’eut point voulu à Saumur, s’il n’avait été parfaitement convaincu de son innocence, et il ne pouvait pas ignorer ce qui s’était fait à Heldelberg. Le Comte de Bentheim ainsi su de ce que l’on soupçonnait pour son Théologien, voulut que l’affaire soit éclaircie, et donna ordre à Vorstius de se purger incessamment, et d’aller pour cet effet à l’académie qui l’avait créé Docteur, et d’y faire apparaître son Orthodoxie. Vorstius s’en alla à Heldelberg, y fit une Confession de sa foi, celle-ci fut acceptée, il s’en retourna justifier dans sa maison sans davantage de molestation. La faculté de Théologie l’admit 'od osculum path', et lui donna 'refferam buspitalitatis', après lui avoir signifié qu’il avait eu tord d’avancer certaines choses qui favorisaient les sociniens, et après avoir tiré promesse de lui qu’il s’abstiendrait désormais des phrases suspectes. Il fallut aussi qu’il proteste qu’il abhorrait les sentiments de Socin, et qu’il était bien net, et que le feu de la jeunesse l’eût entrainé à se servir de certaines expressions qui semblaient à favoriser cet hérétique, et choquait la doctrine des Eglises Réformées. Ceci se passa le 26 septembre 1599. Il est possible, aussi, d’en retrouver le récit dans la vie de David Pareus.

 

Il prit en 1605 la fonction de Professeur au lycée et celle de Ministre de Steinfurt, et comme si ces deux Charges n’eussent pas suffi à l’occuper, on lui en donna encore d’autres, ce qui lui valut, comme de raison, une augmentation de gages.

 

Il fut appelé à Leyde pour succéder à Arminius dans l’année 1610, et après un an d’hésitation, il accepta cette fonction, et se déplaçât à Leyde avec sa famille, et avec les témoignages les plus authentiques de son orthodoxie et de bonne et sage conduite. Il ne manquait rien à la vocation, elle avait été approuvée par les Etats des Pays Bas et par le Prince Maurice, qui chargea même les Députés, dont l’un était son propre Ministre, de presser autant Vorstius qu’il puisse venir servir l’académie de Leyde. Je crois que sans les fortes et violentes sollicitations des chefs des Arminiens, Vorstius ne se serait jamais embarqué sur une mer si orageuse. Il était aimé et honoré à Steinfurt, il y jouissait d’un grand calme, et la belle réputation d’un homme pieu, un amoureux de la paix et de la modération. Certains éminents théologiens parmi les réformés, particulièrement Abraham Scultetus, approuvèrent sa nomination, et il prévoyait sans doute dans l’état où étaient les controverses d’Arminius et de Gomarus, qu’il trouverait aux Pays Bas bien des difficultés, et certains sérieusement s’y opposèrent. On le tenta, par la gloire, qu’il avait à soutenir un Parti que la mort d’Arminius avait ébranlé. On y joignit les motifs de la conscience, on lui fit savoir qu’il serait un jour comptable du mauvais usage de ses talents, si l’amour du repos lui faisait perdre une si belle occasion d’établir la vérité dans un pays où elle avait déjà pris racine. Quoi qu’il en soit, sa mauvaise étoile l’arracha du comté de Bentheim, pour la transporter aux Pays Bas, où voguant entre mille écueils et mille rochers, il fit enfin un triste naufrage : et il y perdit et son honneur et sa fortune, il y fut mal mené par les Tribunaux Séculiers, et par les Tribunaux Ecclésiastiques. C’était une bonne leçon contre l’Arminianisme, c’était de quoi reconnaître la fatalité des évènements.

Si Vorstius se fut tenu à Steinfurt, les erreurs qu’il avait mises dans son traité de Deo ne lui eussent pas fait beaucoup d’affaires, et il serait tiré aisément de ce faux pas : mais étant question de savoir s’il enseignerait à Leyde ou pas, c’est à dire si un parti naissant ferait bouquer l’autre, on ne lui pardonna rien, ce Traité de Deo devint pire que l’Alcoran (Troisième traduction occidentale du Coran).  On peut voir dans son histoire le témoignage que les Comtes de Benthein lui donnèrent, et celui que l’Ecole illustre de Steinfurt lui expédia. Ce qui est cité n’est qu’une petite partie des éloges que ces témoignages lui donnent. Il en obtint du Conseil de ville et du Consistoire, lesquels l’historien ne produit pas, il se contente de dire pour faire cours, qu’ils contiennent en substance la même chose que ceux qu’il produit. Il faut noter que Vorstius obtint tous ces témoignages depuis l’impression du terrible Traité son de Deo, qui fit tant crier aux Pays Bas contre ses dites impiétés. Il peut être dit encore une fois, s’il avait pu se contenter de l’Ecole de Steinfurt toute sa vie, il y a beaucoup de vraisemblances qu’il serait mort avec la réputation d’un Théologien orthodoxe.

Il trouva des oppositions insurmontables. Les Ministres, qui soutenaient contre les arminiens l’ancienne doctrine de Calvin, se persuadèrent, que si Vorstius, qui n’était pas de leur sentiment, exerçait à Leyde la Profession en Théologie, il ferait un tord irréparable à leur cause. C’est pourquoi, ils représentèrent fortement le danger, ils accusèrent cet homme d’une infinité d’hérésies, ils se munirent du concours des Académies étrangères, où ils obtinrent des témoignages froissant contre sa doctrine. Ils alarmèrent la Religion du Roi James I, et l’engagèrent à recommander à la République de Pays Bas l’exclusion d’un tel Hérétique, et celle du Roi de Bohème son gendre, et il fit brûler le livre de Vorstius de Deo. On en brûla plusieurs exemplaires à Londres, à Oxford, et à Cambridge. Le Roi était à la chasse quand on lui porta, il le parcourut si diligemment, qu’au bout d’une heure il envoya à son Résident à la Haie un Catalogue des Hérésies qu'il avait trouvé dans cet ouvrage. Il ordonna à ce Résident de notifier aux Etats, combien il détestait ces hérésies et ceux qui les voudraient tolérées. Les Etats répondirent que si Vorstius était coupable des erreurs qu’on lui imputait, ils ne le garderaient point. Cette réponse ne contenta point sa Majesté Britannique, elle écrivit une lettre, le 6 octobre 1611, à ces Messieurs des Etats, pour les exhorter vivement à chasser ce personnage, quand même ils ne croyaient pas les erreurs qu’on lui imputait, car au cas qu’ils les admettaient, et qu’ils en furent convaincus, elle ne doute point qu’il ne dût être brûlé.

Sa Majesté déclarait que si l’on ne travail pas ardemment "à l’extirpation de ces pullulant Athéistes, elle protestera publiquement contre ces abominations, elle se séparera de l’union de telles fausses hérétiques Eglises, et  en qualité de défenseur de la foi, elle  exhortera toutes les autres Eglises Réformées de prendre un commun conseil, afin d’éteindre aux enfers ces abominables hérésies nouvellement pullulantes," et qu’en son particulier elle défendra à tous les sujets, "de hanter une place si infectée comme l’Université de Leyden." Avant que cette lettre du Roi James I eût été rendue à ces Messieurs des Etats, Vorstius avait été installé à Leyde. Cela fut une raison pour que l’envoyé d’Angleterre, en la présentant, fit une harangue très véhémente contre cette installation, et menaça de l’amitié du Roi son Maître les Provinces Unies, si elles toléraient Vorstius. On lui répondit que ce Professeur avait reçu ordre de s’abstenir des exercices de sa fonction, jusqu’à ce qu’il ait répondu des accusations, ce qui serait examiné dans les Etats des Pays Bas au mois de février prochain. L'Ambassadeur peu satisfait de cette réponse harangua de nouveau pour faire des protestations, et menaça les Etats non seulement, de la haine, mais de la plume du Roi James I. (Il fera paraître dans les Manifestes qu'il fera publié au monde, de quelle haine il déteste les athéismes et les hérésies de Vorstius, et de tous ceux qui les maintiennent, dans le Mercure Français, p. 468.)  Cette réponse n’empêcha point que ce Monarque ne fit imprimer un Livre, où il exposa sa conduite dans cette affaire, et les raisons de la conduite, non sans disputer fortement contre Vorstius. Celui-ci publia une petite réponse aux extraits que ce Monarque avait communiqués aux Etats, des extraits du Livre de Deo. Il la dédia aux Etats le 15 décembre 1611. Elle est tout à fait respectueuse envers le Roi James I, comme elle devait être.

Toutes ces dates convainquent d’erreur Monsieur de Sponde, qui dit sous l’an 1610, que le Roi James I indigné de la protection que les Etats Généraux avaient accordés à Vorstius, dont il avait fait brûler les livres, les menaça, s’ils ne le chassaient pas, de les diffamer par toute la terre comme fauteurs d’apostats, et de changer ses alliances en une haine immortelle, et que les Etats, étonnés de ces menaces, congédièrent Vorstius à leur grand regret. Mr. De Sponde ajoute que Vorstius fut honoré comme un Apôtre dans les divers lieux où il séjourna, depuis que les Etats l’eurent renvoyé. Toutes les fautes de cet Auteur ne sont pas des anachronismes, Car depuis que les Etats des Pays Bas eurent congédiés Vorstius, il se tint caché, et fut sujet à mille dangers, et à mille opprobres.

 Marc Gualtherus a étranglé sa narration, il a supprimé des faits qui devaient entrer essentiellement dans l’histoire de son Héros…

…en voici deux. Il faut dire que les Gomaristes (disciples de Franciscus Gomarus) s’étant opposés à la vocation de Vorstius, les Etats des Pays Bas leur ordonnèrent d’en dire les causes. Il y eut donc six Ministres Contre-Remontrants, qui dans la fameuse Conférence de la Haie proposèrent leurs griefs contre Vorstius le 20Avril 1611. Ils l’accusèrent de plusieurs doctrines sociniennes, et ils soutinrent que son livre de Deo sentait plus l’athée que le théologique. Les Etats voulurent qu’on soutienne à Vorstius en leur présence ces accusations, et qu’il défende sa cause. Cela fut fait en présence de dix Maîtres que chaque parti avait député, et en présence des Curateurs de l’académie de Leyde, et quand Vorstius eut été d’accord, les Etats jugèrent que rien n’empêchait que la vocation, qui lui avait été adressée ne sortit son plein et entier effet. Ainsi, encore les Ministres Contre-Remontants rejetèrent ses réponses, et Vorstius aurait triomphé si cet incident fâcheux ne fût survenu en cours. C'est la seconde chose que l'historien devait raconter. Quelques disciples de Vorstius firent imprimer en Frise un petit livre de Officio Cbrisliani Houminis, qui contenait plusieurs doctrines des Antitrinitaires. Il fut brûlé publiquement : on découvrit quelques-uns de ceux qui l'avaient fait imprimer, et on leur trouva quelques lettres qui furent rendues publiques, et qui contenaient bien des louanges pour Vorstius, et bien des sujets de soupçon contre quelques autres théologiens. Ceux qui publièrent ces lettres y joignirent un Avis à toutes les Eglises Réformées, pour leur donner l'alarme bien chaude. On fouilla dans tous les livres de Vorstius, dans ce qu'il avait dicté, dans ses manuscrits, afin de trouver matière pour l'accuser. Les Etats de Frise donnèrent avis de tout cela à ceux des Pays Bas, et aux Curateurs de l'académie de Leyde. Il fallut donc que Vorstius se purgeât solennellement, et qu'il déclarât qu'encore qu'il eût écrit quelquefois aux sociniens de Pologne, qu'il était très éloigné de leurs sentiments, et que ce qu'il en faisait était pour mieux connaître leurs idées et qu'il en usait ainsi envers les Jésuites, auxquels il ne faisait pas difficulté d'écrire. Il donna sa Profession de Foi bien signée touchant le mystère de la Trinité, et de la Divinité du Verbe.

Le 22 mai 1612, il prononça une Harangue apologétique devant les Etats des Pays Bas. Nous verrons ci-dessous que tout ceci l'engagea à publier plusieurs livres. Les choses s'échauffèrent à un tel point qu’il fallut que Vorstius par prévision renonçât à l’exercice de sa fonction et sortit de Leyde, pour attendre ailleurs un jugement définitif sur la querelle. Il se retira à Tergou dans les environs du moi de mai 1612, et il s’y teint tranquille. Cela paraît par les témoignages que les Magistrats du lieu lui expédièrent le 20 juillet 1619. Ils certifient que pendant les sept années et trois mois qu’il a séjourné dans leur ville, il s’est comporté en homme de bien et d’honneur. Son historien en produisant ce témoignage fait remarquer, que les Magistrats qui le donnèrent étaient du nouvel établissement, c'est-à-dire très opposées aux Arminiens. Remarquons ici deux fautes de M. Paul Freher. Il dit que Vorstius s’étant transporté en Pays Bas, et voyant que les troubles s’y augmentaient tous les jours, renonça à la Profession actuelle prononcée sur le différent. C’est la première faute. Tergou et non pas Steinfurt, fut la ville de retraite qu’il se choisit. Frecher ajoute que parce que Vorstius avait succédé à Arminius, il eut de grandes disputes à soutenir contre Gomarus. C’est une nouvelle faute : car cela veut dire qu’outre et après les différents qui contraignirent Vorstius à se retirer, il eut ses querelles particulières avec Gomarus. Or cela est faux en deux manières : il n’eut point de différents avec Gomarus qui s’était retiré en Zélande, afin de na pas l’avoir pour collègue, et s’il en eût eu avec lui, ils eussent été les mêmes que ceux qui le contraignirent de s’en aller à Tergou.

 

Jusqu’en 1619 il fut contraint de sortir des Pays Bas : car le Synode de Dordrecht l’ayant déclaré indigne de Professer.

Voici une partie des propres termes de la Condamnation Synodale de Vorstius : "D’autant que c’a été le plaisir des très illustres et puissants Etats Généraux d’enjoindre à ce Synode par la bouche de leurs généreux et honorables Députés, de déclarer sommairement ce qu’il pense et quel état il fait de la Théologie ou doctrine laquelle est contenue et écrit de Conradus Vorstius Docteur en la S. Théologie, et semblablement, s’il elle peut être enseignée salutairement avec fruit, édification, et profit des Eglises Réformée, ou être en piété tolérée en icelles : Ce vénérable  Synode, après avoir en la crainte de Dieu, bien et doucement, considérait et examinait toutes les choses, a déclaré unanimement, et déclaré par ces présentes que le dit Conradus Vorstius, et ses derniers écrits, nommément en traité qu’il a fait de Dieu et de ses propriétés, outre ce qu’il défend les erreurs de cinq articles des Remontrants lesquels ont été rejetés en Synode, revoque en partie  en doute non seulement un ou deux points de la Religion Chrétienne et Réformée, mais aussi doute de plusieurs et des Principaux d’icelle, comme sont, pour exemple, les suivants celui de la Trinité des personnes…, et qu’en partie aussi il affirme et pose plusieurs choses lesquelles sont totalement et diamétralement contraires à la vérité que Dieu nous a révélé des Saintes Ecritures, et aux Confessions de toutes les Eglises Réformées… Davantage aussi qu’il énerve et débilite par ci et par là avec un très grand danger, les Principaux et les plus forts arguments, que tant l’antiquité vénérable que les Docteurs modernes de l’Eglise Réformée, ont justement tirés de la Parole de Dieu et employés pour établir et maintenir la doctrine Orthodoxe, et sur toute la Déité éternelle de notre Seigneur Jésus, sans en produire ni remettre aucuns autres en la place, pour prouver plus puissamment et rabouter la doctrine de cette vérité qu’il choque. Qu’il avance soigneusement et presse très instamment et tant qu’il peut des Sophismes et vaines argues par lesquelles la vérité est embrouillée et enveloppée, sans toucher aucunement à la solution d’icelles, ainsi les laissant toutes telles et en leur entier, pour les faire plus aisément recevoir et ficher les esprits de ceux qui liront ses écrits, de sorte qu’il est manifeste et évident, qu’il s’est voulu finement frayer le chemin et ouvrir comme par sous terre une porte pour instiller les impies et méchantes hérésies de Socin et des autres, et par ainsi de tromper et de séduire à bon escient, sous ombre et apparence de faire enquête et recherche de la vérité. Qu’en vain et pour néant il avait jusqu’à maintenant taché et s’était efforcé de couvrir, encrotter et farder toutes ces opinions de diverses fortes et ineptes distinctions, excuses frivoles, fuites et échappatoires misérables, frauduleuses et trompeuses dissimulations et déguisements. Et partant que non seulement sa licence débordait et déréglait de disputer et mettre en doute les principaux points de la religion Chrétienne, et cette façon et manière ondoyante, incertaine, douteuse, et oblique d’enseigner est très pernicieuse à l’Eglise, nullement du  monde séant ni convenable à choses si saintes et si hautement lice, et partant du tout indigne d’un professeur qui se dit Orthodoxe… Et déclare le dit Vorstius… Totalement indigne et du nom de Professeur ou Docteur des Eglises Réformées. Finalement cette assemblée Synodale prie sérieusement et instamment les très illustres et très puissants Etats Généraux qu’il leur plaise de bonne heure par leur autorité ôter et retrancher des Eglises Réformées ce scandale et cette pierre sur laquelle chacun se choque et s’heurte, et de faire et procurer aussi en forte que les Eglises de ces Pays Bas ne soient plus entachées et souillées de tels dogmes et de telle hérésie, supprimant à ces fins, avec autant de prudence et de prévoyance que faire ce peut, les écrits dudit Vorstius et de ceux de son calibre et de même farine ."

suite partie II
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