Juan Valdés.

Publié le par didier Le Roux

Juan Valdés reste un personnage quelque peu énigmatique, tant pour établir une chronologie précise de sa vie, que pour ses réelles positions religieuses.

    Dans le livre n°II, chapitre 3, "Les églises de Pologne et Transylvanie", des idées de Valdés ressortent quand il est possible de lire de lui : "Sur une fausse et vraie connaissance du Dieu Unique, le Père du Fils et du Saint Esprit," également il est écrit, "Pourquoi devrions-nous parler ainsi de Valdés, illustre par son origine et sa piété, qui nous laissent, dans ses compositions publiées, des spécimens de son érudition, écrits, qu'il ne connaît rien d'autre de Dieu et son Fils, alors qu'il y a un plus Haut Dieu, le Père du Christ, et notre Seigneur Jésus Christ, son seul Fils, qui était conçu de l'esprit Saint, dans un utérus vierge, et un esprit pour les deux."


    Si rien n'indique dans ce qui vient d'être vu, que Valdés pouvait être antitrinitaire dans ses propos, rien également interdirait à un candide Trinitaire, d'adopter ses paroles pour les faire siennes, pour un juste établissement de ses convictions.

Pourquoi, il est difficile de considérer Valdés pour ne pas être un antitrinitaire, voir même un réformateur influent, nous le découvrons à partir des différentes actions de sa vie, que nous suivrons dès à présent.

    La date de sa naissance reste assez controversée, allant de 1490 pour certaines sources, jusqu'aussi bien 1510 par d'autres, 1500 semble en soit la plus probable. Avec plus de certitude, il est né à Cuenca (Nouvelle Castille, Espagne), que son père était Fernando de Valdés, rédigor de cette ville (officiellement chargé du gouvernement de la ville). Sa famille était des convertis juifs espagnols.
    Son frère jumeau, Alfonso avec qui il a été confondu quelques fois, a eu une vie assez mouvementé : en 1520, il était dans la suite de Charles V (1518-1559), lors de son couronnement à Aix la Chapelle, en 1520, de plus il fut secrétaire de la chancellerie de ce même Empereur, en 1522. Il lui est attribué un dialogue fortement anti-papal, imprimé en 1529, le Lactantius, qui attaquait le Pape Clément VII (1523-1534), comme perturbateur de la paix, d'instigateur de la guerre et de perfide traite !
    Mais malgré que le nonce papal de Madrid, Baldassarre Castiglione (1478-1529), en personne ait porté l'affaire devant l'Inquisition, l'état d'impopularité dans lequel était tombé le Pape Clément VII après le Sac de Rome en 1527, et la puissante protection de l'Empereur envers son secrétaire, ne permis que rien d'important puisse arriver à Alfonso. Sa mort prématurée, en 1532, suite à la peste, fit taire définitivement toutes possibles enquêtes des autorités religieuses.
    Juan Valdés a probablement étudié à l'Université d'Alcala, à l'est de Madrid. Dans une correspondance avec Erasme, dans deux lettres de 1528 et 1529, Valdés est présenté comme un jeune homme, pas moins distingué pour son amour de l'élégante littérature, que pour la piété Chrétienne. Il apparaît également en 1528, être l'auteur de Dialogo de Mercurion y Caron, (dont certains l'auraient aussi bien attribué à son jumeau, sur les évènements du Sac de Rome en 1527). En fait, ce dialogue est une attaque en règle de la corruption de l'Eglise Romaine, quoi qu'il défende la légitimité du mariage d'Henri VIII avec Catherine d'Aragon. Un passage dans ce travail a pu avoir suggéré le conseil de Don Quichotte à Sancho Panza pour l'affectation à son gouvernement. Toutefois, il fut poursuivi en justice pour hérésie par la terrible Inquisition espagnole.
    Par crainte de cette Inquisition, Valdés quitte l'Espagne pour l'Italie dans l'hiver 1530-1531, et sous couverture diplomatique, comme agent impérial, pour le compte de Charles V, pour échapper à un second et plus sérieux procès. C'est à Rome où il s'établissait dans un premier temps. Il fréquenta le cercle de l'humaniste Juan Ginès de Sepulveda, et a voyagé dans la péninsule Italienne ; en 1533, par exemple, il a suivi à Bologne le Pape Clément VII. S'il fit une première apparition à Naples au lendemain de l'élection du Pape Paolo III (de 1534 à 1549), Valdés, dans l'automne de 1535, définitivement s'y installait dans sa maison sur le Chiaja, qui sera sa résidence jusqu'au jour de sa mort.

    En fait, ce lieu sera surtout connu pour être le celèbre cercle valdésien, le lieu où se croisaient un nombre impressionnant de personnes de qualités. Parmi les nobles, ont pouvait retrouver de spersonnes comme : la Comtesse Giulia Gonzaga Colonna, le Marquis d'Oria Bernardino Bonifacio, la Duchesse de Camerino Caterina Cibo, la Marquise de Pescara Vittoria Colonna, le noble sicilien Bartolomeo Spadafora, le Marquis de Vico Galeazzo Caracciolo, le Chevalier Mario Galeota, son fidèle collaborateur, la noble Isabella Bresegna, la femme du capitaine don Garcia Manrique, futur gouverneur de Piacenza ; parmi les religieux de haut rangs, l'Archevêque d'Otrano Pietro  Antonio Di Capua, l'Evêque de Bergame Vitore Sorenzo, le vicaire général de l'ordre des capucins
Bernardino Ochino, l'Evêque de Cheronissa Giovanni Francesco Verdura, et encore, le dominicain Ludovico Manna, le canonique régulier Peter Martyr Vermigli, le bénédictin Benedetto Fontanini da Mantova, le prêtre Apollonia Méranda, l'abbé Giromolo Busale, le franciscain Giovanni Buzio ; en plus de ceux- ci, il peut être ajoutés l'humaniste Marcantonio Flaminio et le protonotario apostolique Pietro Carnesecchi selon une autre source, il peut être ajouté à cette liste, les nons moins Annnanio Poleario, et Pierre Francesco Frisé, et le Cardinal Réginald Pole.
    Par ailleurs, Antonio Carracioli disait de Valdés qu'il faisait plus pour pervertir les esprits des hommes, qu'une armée de 800 soldats allemands qui avait été prévue pour être placée ici, et avaient emmené avec eux les vues hérétiques luthériennes. Etant un homme de littérature et de raffinement, il avait bientôt amené à lui un nombre important de disciples.

    Au-delà de ses premières qualités, et qu'il n'est jamais quitté l'Eglise régulière, comme De Porta disait, il s'attaquait aux fausses opinions qui prévalaient et de plus exposait plusieurs superstitions, qui ne devaient pas manquer l'intérêt de son auditoire. Le caractère de ses réunions peut être retrouvé dans le dialogue Alphabet Chrétien, de 1546, entre Giulia Gonzaga Colonna et Valdés, qui était un de ses tout premier travail d'importance, et enseignait la vraie manière d'acquérir la lumière de l'Esprit Saint qui reste une, si ce n'est pas la première, de ses inspirations et enseignement. Valdés considérait Giulia Gonzaga Colonna son héritière spirituelle, à laquelle il dédia cette œuvre, et lui confia l'ensemble de ses écrits quand il fut sur le point de mourir. Incontestablement, le premier but visé de Valdés était de réformer l'Eglise, et à travers de ses réunions, il démontrait un sincère désir d'y trouver une lumière pour leur pensée et une direction pour leurs vies, à l'aide de l'Ecriture, et sans être asservi aux solutions scolastiques. Un prélat contemporain le présente comme "tout abandonné aux choses de l'esprit et livré sans réserve à l'étude de l'Ecriture Sainte." Certains des participants disaient encore de lui, "il semble que Dieu l'ai envoyé pour être le pasteur et le docteur des personnes nobles et illustres."

    Définir précisément quelles étaient les croyances de Valdés, n'est pas chose si facile. Il est sûr, qu'en dépit d'un désir de vouloir réformer l'Eglise, peut-être dans l'espoir d'arriver de travailler de l'intérieur en influençant un bon nombre de personne pouvant contribuer à cette finalité. Toutefois, en essayant de nous approcher des réunions qu'il organisait, on peu trouver des grandes lignes directrices, et d'autres moins explicitaient de sa part, peut-être par prudence.
    Bien que certainement influencé en partie par les doctrines d'Erasme et Luther, Valdés a développé une pensée qui lui était propre. On peut le classer comme mystique évangélique, qui croyait dans l'éclairage de l'esprit, comme révélation de Dieu du fait qu'il s'abandonnait à sa miséricorde, et était par lui appelé au salut. Essentiellement, celui-ci était une justification d'une seule foi, semblable au concept de Luther, mais pour Valdés seulement au moyen du reniement de même, les hommes pouvaient recevoir l'éclairage divin et donc se conformer à l'image de Dieu.
    La foi est donc purement subjective, fondée, c'est-à-dire, dans un sens tout a fait personnel de la religion, en opposition au magistère officiel de l'Eglise et ses réinterprétations des Saintes Ecritures.
    En ce qui concerne le Trinité, Valdés, bien qu’il ne l’ai jamais contredite ouvertement lors de ses réunions, pas même quand il commentait Mathieu 28 :19, la réservant pour des chrétiens avancés dans la connaissance, encore il explicitait des affirmations de la Consubstantialité du Fils, dont il unie en doxologie avec le Père et le Saint Esprit. La pratique théologique l’intéressait davantage à la spéculative théologie, et avait pour but la promotion d’un chaleureuse et personnelle piété. Nous pouvons retrouver par cette dernière conception, des ressemblances avec des conceptions religieuses, propres à
,que nous pouvons retrouver dans divers sermons qu’il discourait, comme Le Christianisme unitariens plus favorable pour la pitié," à New York, en 1826. Pour autant, David Ferencz, Evêque de Transylvanie suggérait l’antitrinitarisme de Valdés, et c’était adopté par Sand en 1684, Wallea en 1850 et d’autres écrivains non trinitaires, et même encouragé par Bayle dans l’un de ses dictionnaires, qui était convaincu quelque peu, que sa propre place était parmi les antitrinitaires.

    Pour s’en convaincre davantage, un travail de Valdés, intitulé "Considérations pour une vie religieuse", qui était écrit à l'origine en espagnol, puis traduit en latin, et dans plusieurs langues européennes, et dont une copie manuscrite de la version latine, écrite dans l'année 1558, fut déposée dans la Offenbachian Librairie de Francfort. La version italienne, de qui la française, anglaise, hollandaise, allemande, et latine versions étaient probablement faites, portait le titre suivant : "Le cento dicci divine Considération del Signore Giovani Valdesso nell quali si Rigionna delle cose più utili, più necessarie et più perfette della Christiana Professione." (Les cent dix divines Considérations de Monsieur Giovani Valdesso, des choses plus utiles, plus nécessaires et plus parfaites pour la Chrétienne Profession.)
Celio Secondo Curione écrivit la préface de celui-ci, dont il commandait Peter Martyr Vermigli de l'emporter avec lui comme un grand trésors, d'Italie, et faisait qu'il soit imprimé à Bâle. Une traduction française de celui-ci était publiée à Lyon, en 8 volumes, au début de l'année 1565. La traduction anglaise était faite par Nicolas Ferrar, et imprimée à Oxford, en 1638. L'édition de cette dernière version, le Docteur Jackson, nous apporte quelques indications le décrivant alors contenant "Beaucoup de discours savants, et d'expérimentales pratiques théologiques, bien exprimés et avec d'élégantes illustrations, et encore," il ajoute "il y a une somme de quelques expressions et similitudes en lui, pour qui, non seulement le fragile lecteur peut trébucher, et l'envieux querelleur, mais aussi le large et charitable lecteur peut justement blâmer." Le docteur Jackson ensuite fait allusion à des "endroits suspicieux, et quelques erreurs manifestes", par lesquelles il signifie probablement les passages qui savourent l'hétérodoxie. Un autre commentateur,Théodore de Bèze, disciple de Calvin, qui avait approuvé la condamnation Michel Servet , fait un rapport du travail de Valdés, dans des termes amers, et le représente comme la source d'où Ochino dérive dans ses opinions hérétiques. Bock dit, de l'autre côté, qu'il avait "perçu dans ces méditations aucun blasphème contre la parole de Dieu, pour lesquelles, il avait été parfois accusé, bien qu'il" les avaient "lus et lus encore," et il réfère pour quelques établissements et expressions, qui certainement ne sont pas inscrites dans l'orthodoxie. Mais il est hautement improbable, que l'un ou l'autre de ces Ministres, dont Sandius fait allusion, puissent s'être trompés, et l'induisait en erreur, en mentionnant certaines expressions comme celles de Valdés, qu'il n'avait jamais parquées, ou qu'en les citant, de montrer le penchant de l'esprit des écrivains vers l'Antitrinitarisme, ces Ministres devraient avoir entièrement mal appréhendé leur sens. Walchius place Valdés parmi les "Commentateurs Sociniens," ainsi, que de tels écrivains comme John Crellius ou encore le Dr. John Taylor. Il n'avait pas échappé à Théodore de Bèze, comme il est plus haut, que Valdés avait eu une large influence sur Ochino, dont il lui fournissait des thèmes pour ses propres sermons. Quand nous savons qu'Ochino, dans ses livres, s’engage sur les doctrines de la prédestination, de la Trinité, et de la monogamie d'une manière latitudinaire et sceptique, qui donnaient des vues hérétiques plus fortes qu'orthodoxes à ses détracteurs, les doutes s'estompent alors pour admettre que Valdés fait bien partie de cette lignée d'Antitrinitaires.

    Des sources nous précisent que ce n'est pas avant 1541, qu'Ochino faisait connaissance avec Valdés, et Sanduis ajoute qu'en 1542, elle fleurissait. Et cependant, Bayle et autres représente sa mort ayant pris place dès 1540, et il apparaît dans une lettre adressée par Bonfadio à Carnesecchi publiée et datée en 1543 "Lettere Volgari di diversi Nobilissimi Humamini,", qu'il était alors à ce moment décédé. "Je souhaites que nous allions encore à Naples," disait Bonfadio ; "Mais quand je considère la question d'un autre point de vue, pour quelle raison devrions-nous aller maintenant, ici, quand Valdés est mort ? Cette mort est une grande perte pour nous et pour le monde, pendant que Valdés était un des Rares hommes en Europe. Bonfadio précise que Valdés du connaître des infirmités dans son corps, il ajoute "Mais sa noble part, et pure intellect, comme s'il avait été placé sans corps, qu'il était tellement occupé par la contemplation de la vérité et des choses divines. Je suis en condoléance avec Marco Antonnio (Flaminio), au-delà de tous les autres l'aimait et l'admirait grandement." 
 



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