Primož Trubar (1508-1586)

Publié le par didier Le Roux

Petar Preradovic (1818-1872) disait " La langue propre à chaque peuple peut devenir un grand pont pour son propre avenir."
    La Slovénie aujourd'hui est un petit pays de 2 millions d'habitants, qui est devenu indépendant en 1991, après le démembrement de la Yougoslavie, et membre à part entière de l'Union Européenne depuis le 1er mai 2004. L'identité slovène est basée en grande partie sur la langue.
    Les historiens s'accordent qu'une première trace écrite remonte à la deuxième moitié du Xème siècle de notre ère avec les textes connus sous le nom de Brižinski spomeniki. Une forme d'écriture plus définitive a été employée à partir de la Réforme du XVI siècle. De cette période, le slovène était utilisé sous forme écrite et parlée pour la prédication des protestants.
    En publiant en 1550 son catéchisme, Primož Trubar deviendra le père de la théologie slovène et donnera une identité au plus petit Etat du monde slave d'alors.

    Découvrons avec plus de détails la vie de Primož Trubar ….

    Primož Trubar est né dans le village de Rašica (ou Rašcica, Racca or Rastcica) près de Velike Lašce, en Basse-Carniole (une des onzes divisions adminitrative de nos jours), en Slovenie.
    Dans les années 1520/1521 son père l'envoya à Rijeka pour devenir prêtre où il rencontrera l'enseignement en carctère glagolitiques. Le glagolitique est une langue liturgique crée en 855 qui vient du verbe "glagoljasi"parler, transmettre la parole. Les slaves dans le but de transmettre la parole divine définissent un alphabet de 38 lettres reliées entre elles par un code symbolique qui permettra de répandre le Christianisme.

    Suite à des conflits avec les Turcs qui menaçaient Rašica, Primož s'enfuit pour Salzburg où il reçut la protection de Pietro Bonomo (1458-1546) qui devint évêque de Trieste en 1502. Au contact de cet humaniste il prendra connaissance des écrits d'Erasme de Rotterdam (1468-1536) et d'autres auteurs classiques. Il semblerait que Primož devint son secrétaire personnel et à probablement rencontré des personnages imminents, savants, artistes, etc., que son protecteur côtoyait alors.

    Nous le retrouvons plus tard en 1528 à l'université de Vienne dans le but de poursuivre ses études. Nous pouvons pensé que c'est de là qu'il se découvrit un intérêt pour la Réforme qui avait débuté quelques années auparavant sous l'impulsion de Luther qui en 1517 avait affiché ses fameuses 95 thèses à Wittenberg, déclenchant ainsi le mouvement de la Réforme Protestante.

    En 1530, il retournera en Slovénie et deviendra prête à Laško, avant de devenir un prédicateur à Ljubtjana plus favorable alors aux idées du Protestatisme, et où une concentration de slovènes était assez importante. La qualité de ses prêches en slovène faisait déplacer de grandes foules dans la cathédrale de Ljubtjana, et les enseignements du Christianisme se répandaient activement. Toutefois, tout en favorisant les idées de la Réforme, il hésitait de quitter l'Eglise Catholique, en raison, qu'il y avait surtout des personnes sympatisantes des idées de la Réforme et non converties à ce moment là.
    Il aurait établi un internat et la première bibliothèque publique à Ljubljana.

    Les idées qu'il répandait ne manquaient pas d'attirer l'attention des autorité écclesiastiques qui sous l'impulsion d'un nouvel évêque mis en place l'expulsait de Ljubjana en 1547. Il semblerait que Primož ne soit jamais revenu par la suite en Slovénie. C'est très certainement à partir de ce moment que Primož sera ouvertement protestant, et se décide alors de coucher ses enseignements dans l'écrit en choisissant la base dialectique qui lui semblait la mieux adaptée pour être compris par le plus grand nombre de ses compatriotes, et le slovène sera transcrit en caractères latins plus usuels et non pas en cyrilliques.
Écrivant le premier livre dans la langue slovène, il a établi la base pour la littérature slovène et la langue écrite. Ces premières oeuvres seront le Catechismus (katekizem) et un Abécedaire, publiés en 1550 à Tübingen, où le Protentantisme était des plus vivants.

    Il deviendra à Rothenburg (Bavière ; Allemagne), un prédicateur protestant actif, et continua d'écrire des ouvrages, dénombrés à 25, à l'attention des protestants slovènes.
On peut trouver à son actif en 1555, la parution de l’Evangile selon saint Matthieu, et, en 1582, le Nouveau Testament qui fut son travail le plus important.
En 1562, il publiera les articulli, et, en 1564, le Slovenska cerkovna ordninga, premier règlement ecclésiastique protestant en slovène.
Dans la deuxième moitié du siècle Primož a très probablement réalisé une transcription écrite, avec l'aide d'amis, du kyrieleison, un recueil de chants de louange en slovène mêlant récits bibliques, éléments du culte populaire et de l'histoire locale (l’un des chants évoque le couronnement du Duc de Carantanie).
Le but affiché de Primož était de favoriser l'organisation de l'Eglise Slovène et d'apporter une reconnaissance à ce peuple avec l'aide d'une liturgie dans sa propre langue. Il est aussi à considérer comme le chef du mouvement protestant en Slovénie et le fondateur de la théologie slovène.
Il se dépensa à sa mission jusqu'à la fin de ses jours qui survint en 1586 à Derendingen, en Allemagne (qui fait partie maintenant de la ville de Tübingen), où il fut également enterré.

    L’œuvre de Primož Trubar fut poursuivi par Jurij Dalmatin (1547-1589) et Adam Bohoric (1520-1600) qui furent reconnus pour être parmi les premiers auteurs protestants de Slovénie.
La Slovénie n'a jamais oublié celui qui était l'un de ses pères, plusieurs rues de grandes villes importantes portent son nom, des statues en son honneur, comme dans le parc Tivoli à Ljubljana, ont été érigées en son honneur. 

Nous retrouvons son effigie sur les pièces d'un euro slovène, auparavant sur l'ancienne monnaie, sur plusieurs billets. Il existe une fête annuelle légale et chômée le 31 octobre la Réformation


Didier Le Roux


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