Martin Cellarius (Borrhaus)

Publié le par didier Le Roux

Martin Cellarius connu sous ce premier nom naquit en 1499 à Stuttgart dans le pays de Wittemberg. Il fut adopté et élevé par le compositeur Simon Cellarius .

Il s’inscrit à l’université de Tübingen et fut diplômé Maître ès arts. Dans cette même période, il devint ami avec Melanchthon Philipp , un réformateur religieux allemand et disciple de Martin Luther, une relation durable persista malgré des différents par la suite.

   En 1520, à l’université d’Ingolstadt, sous la coupe du professeur et humaniste Johannes Reuchlin , il se consacra à l’étude du grecque et de l’hébreux, mais très rapidement s’orienta vers la spiritualité et fut bachelier en théologie.

   En 1521, suite à quelques difficultés occasionnées par de ses prises de positions, Martin Cellarius rejoignit Witemberg où il enseigna dans une école privée après recommandation de son ami Melanchthon Philipp.

   C’est avec véhémence et investissement que Martin Cellarius s’identifie à l’Anabaptiste naissant, considéré sectaire au XVI siècle et dont les sympatisants furent souvent appelés cénévangelistes pour leur impiété. Cette mouvance promettait « qu’on verrait bientôt le nouveau règne du Messie » et faisait très rapidement de nombreux disciples. Des hommes comme Nicolas Storch , Thomas Munzer et Marc Stubner étaient considérés leaders charismatiques auto proclamés prophètes de la ville de Zwichau.

   Dans un premier temps, Martin Luther bien qu’informé de cette levée se tint à l’écart, mais constatant l’accroissement des sympathisants se décida en 1522 de venir à Winttemberg. Il se lança dans plusieurs sermons et réussit dans un premier temps d’infléchir certains mais dès le retour de Marc Stubner alors absent en perdait l’avantage. Marc Stubner souhaitant débattre avec Martin Luther, obtint un rendez-vous et accompagné de Martin Cellarius se rendit sur place. Avec bien plus d’emportement que Marc Stubner, Martin Cellarius s’opposa à Martin Luther et se retrouva expulsé de Winttemberg accusé d’hétérodoxie.

    Dans nouvelle condition, Martin Cellarius se mit à voyager accompagné de Felix Manz et se rendit à Stuttgart, en Suisse, en Autriche, en Pologne puis en Prusse. Le prince prussien Könegsberger, averti de sa présence et de ses opinions le fit jeter en prison pour temps.

    Sous l’influence du duc Albrech von Brandenburg, Martin Cellarius exposa ses idées par écrits et se présenta de nouveau auprès de Martin Luther. Ce nouvel entretien fut plus satisfaisant que le premier et lui voit proposé de rester à Winttemberg, mais il préféra partir pour Strasbourg.

   C’est de là qu’il épousa odilia d’Utenheim. Bénéficiant de la fortune de son épouse, Martin Cellarius s’investit dans des études et sous l’influence de son ami Wolfang Capito, il publia sa première œuvre « De peribus Deï » en 1527.

   Martin Cellarius enseignait « que la divinité de Jésus était celle que tout homme peut revêtir lorsqu’il est habité par le Saint Esprit » ; il est à mettre à son actif d’être le premier à avoir ouvertement proclamer l’anti-trinitarisme et par la suite ses écrits feront références en la matière.

   L’Anabaptisme subissant jour après jours des revers, n’était plus à même de répondre au renouvellement de toute choses annoncées, de ce constat Martin Cellarius s’écarta de cette idéologie.

   En 1536 son épouse décéda et par conséquence il perdit un bon nombre d’avantages. Pour échapper aux accusations d’hérétique, il décida alors de se réfugier à Bâle et changea son nom de Cellarius en Borrhaus. Il se remaria et exerça le métier de souffleur de verre.  

   Quelques années plus tard soit en 1541 il obtint un poste de professeur en rhétorique à l’université de Bâle grâce à son ami Simon Grymaüs. En 1544, il devint professeur de l’ancien testament, puis en 1549 obtint un doctorat en théologie. De plus il exerça sous la responsabilité de recteur en 1546, 1553 et 1564. Pendant toutes ces années, Martin Borrhaus continua d’écrire des œuvres théologiques. Au nombre de ses amis, on pouvait compter Sébastien Castellion,
Celio Secondo Curione et Michel Servet qui partageaient sa tolérance et son ouverture d’esprit. Par ses positions, il était suspecté par les autorités de Genève, mais la mort survint en 1556 suite avoir contracté la peste et les devança.



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