Maja et Norbert Capek

Publié le par didier Le Roux

Church of the larger fellowship (CLP),

Article paru dans le Quest, vol. L VIII, n°6, juin 2002, p2 et p3,

Traduit en français par Didier Le Roux.

Tout au long de la première guerre mondiale, aux Etats-Unis, il exista une forte activé pour favoriser l'indépendance tchèque.

   Maja V. Oktavec naquit en Bohême, puis arriva aux Etats-Unis en 1907. Elle étudia la science à la bibliothèque de l'université de Colombie et en 1914 et fut promue responsable du département "Tchécoslovaquie", de la bibliothèque publique de New York. Là, elle y rencontra Norbert Capek qui étudiait avec un docteur en lettres et en sciences, à l'université de la ville. Ils se marièrent en 1917 et se déplacèrent à Belleville. Norbert Capek y officia comme pasteur d'un petit rassemblement. Mais en 1919, il démissionna de son poste de pasteur, ne souhaitant plus cette activité de baptiste.

   À la fin de la première guerre mondiale, l'empire Austro-hongrois tomba en morceaux et la Tchécoslovaquie devint indépendante. Les Capeks , comme d'autres réfugiés de guerre, désiraient retourner dans leur pays d'origine et jouer un rôle dans son réveil spirituel.

   A cette époque, Norbert et Maja allaient à la première église unitarienne de la ville d'Essex du comté de New Jersey. Le ministre et docteur Walter Reid Hunt, élabora un plan pour que, N. Capek puisse retourner vers la Tchécoslovaquie. Il s'arrangea pour qu'il puisse rencontrer le président de
l’Association Unitarienne Américaine, le Docteur Samuel A. Eliot. L'arrivée de N. Capek dans les bureaux de l' (UUA) fut plus conviviale cette fois et dans les semaines qui suivirent, Maja et Norbert Capeks obtenirent un engagement de l' (UUA) pour soutenir le travail en Tchécoslovaquie. Il quitta son refuge aux Etats-Unis et avec Maja partirent pour l'Europe.

   Dans le mois de février 1922, Maja et Norbert travaillèrent en équipe et organisèrent : la Congrégation de Prague de la Religion Libérale de la Camaraderie. Presque immédiatement, les services se pratiquaient dans un salon, et la foule s'y tenait debout. Le sermon du dimanche, le point culminant du service, fut répété et discuté un mardi soir, ouvertement, pour décider de sa forme. En 1926, l'Association Unitarienne Britannique et l' (UUA), participèrent au financement de l'achat et de la rénovation d'un palais médiéval. Ce nouveau lieu permit les rassemblements de plus en plus important et la mise en fonction d'un bureau. Maja fut ordonnée en tant que ministre unitarien.

   Le 24 Juin 1923, la première
célébration avec des fleurs fut célébrée. Ce rituel est célébré annuellement par des congrégations d'unitariens et d'universalistes dans le monde entier, tirant leurs origines du rassemblement de Prague.

    Comme la plupart des autres personnes de l'empire Austro-hongrois, la majorité des membres du rassemblement était issue de l'église d'état. Beaucoup, quittèrent cette église quand la Tchécoslovaquie devint indépendante. Un grand nombre se méfiait du rituel standard imposé par l’église. En conséquence, les services dans le rassemblement de Prague furent rigides et simples. N. Capek, ne portait aucune robe longue. Il n'y avait aucun chant des hymnes et aucune prière. Au lieu du plat de collecte, les membres payaient comme ils désiraient ! Mais les Capeks recherchèrent pour le service une dimension spirituelle et empirique qui dépassa les mots habituels du sermon. Et ainsi ils conçurent le festival des fleurs (Flower Célébration Service).

   Chaque membre du rassemblement fut invité à apporter une fleur pour le service. Au début du service, les fleurs furent placées dans un grand vase au milieu du hall. On disait " que les fleurs symbolisent les membres, chacun unique et libre, s'associant ensemble à la camaraderie et s'acceptant indépendamment de leurs différences". À la fin du service, chaque membre rapportait une fleur pour sa maison. Le rassemblement trouva beaucoup de signification dans le service du festival avec des fleurs et cela devint une tradition pour eux.

   En 1939 M. Capek partit pour les Etats-Unis. Ce déplacement supposait être une brève excursion pour une conférence dans le but de récupérer des fonds pour la communauté unitarienne et la société du programme d'amis pour l'aide des réfugiés en danger et des internés. Elle apporta, le service du festival de fleur qui fut célébré pour la première fois aux Etats-Unis, dans la première église unitarienne de Cambridge du Massachusetts, au printemps 1940. Tragiquement, les allemands envahirent la Tchécoslovaquie tandis que Maja était toujours en déplacement, ce qui l’empêcha de retourner à Prague. Elle resta dans le Massachusetts pendant la guerre, travaillant avec l’église de New Bedford.

   Dès que l'armée Nazi succéda à la Tchécoslovaquie, N. Capek fut repéré et la Gestapo l'interrogea. Les espions écoutaient chaque mot qu'il prêchait. Pendant sa prédication, il dissimula le message de liberté avec des paraboles bibliques et le symbolisme religieux. Cette astuce fonctionna pendant un bon moment.

Puis, le 28 mars 1941, N. Capek et sa plus jeune fille Zora furent arrêtés par le Gestapo. Etrangement, N. Capek fut condamné à une année de prison et sa fille à 18 mois. On leur imposa d'écouter des émissions de radio de l'étranger pendant leur détention. Mais après l'assassina du chef des nazis par la résistance tchèque, une vague de représailles, d’exécutions et de déportations déferla. Un officier de la Gestapo dépassa la première sentence de la cour et commandita que N. Capek soit envoyé au camp de concentration de Dachau. Sur les papiers de Capek était inscrit " retour non désiré ".

   A Dachau, il fut dit de Norbert Capek, qu'il maintenait la spiritualité des autres prisonniers grâce à son humour et à son esprit implacablement gai. Il était comme la fleur de feu fleurissant parmi les cendres du désespoir. Le 12 octobre 1942, il fit partie d'un transport inadmissible, et fut tué ce jour, par un gaz toxique ou une injection mortelle de létale. Le certificat officiel déclarait " mort le 30 octobre, d'une hémorragie cérébrale". Maja Capek appris la mort de Norbert, après la fin de la guerre.

   La conduite de l' Eglise de Prague passa à la fille et au fils de Maja et Norbert Capek. Leurs enfants ordonnaient des unitariens pour le ministère. Maja décida de travailler pour aider les victimes de la guerre et se joignit au personnel de l'agence de soulagement et de réadaptation des Nations Unies. Elle travailla pendant des années en temps que spécialiste des Personnes déplacées pour la Palestine et l'Egypte.

    Pendant sa retraite elle continua de prêcher dans les églises unitariennes et dans les rassemblements d'Europe et en Amérique du Nord avec l'appui de l'Eglise de Prague. Ceux, qui la connaissaient, la décrivaient une personne possédant une formidable énergie et la détermination combinées avec un cœur sensible et aimant. Une autre fleur de feu fleurissait dans les endroits brûlés du monde. Elle décéda en 1966.

   Le festival des fleurs est un symbole de notre unité dans la diversité. Il est une célébration de la beauté de la terre. Il est, aussi une leçon dans la fragilité et la beauté de la vie. Et en conclusion, il représente pour nous l'unité de la force qui vient s’enraciner dans la communauté. L'intensité du rituel est reflétée dans la prière que Norbert Capek a écrit juste avant sa mort : " il est intéressant de vivre et de combattre courageusement pour des idéaux sacrés. Oh, vous vents mauvais, dans le feu de mon corps. Mon âme, vous ne pourrez jamais la défaire. Quoique, déçu mille fois ou tombé dans le combat, et tout semble sans valeur, j'ai vécu parmi l'éternité. Sois reconnaissante, mon âme. Ma vie a valu la peine d’être vécue. Celui qui a été serré de tous les côtés mais qui est resté victorieux dans l'esprit est bien accueilli dans le choeur des héros ".



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