Lindsey Theophilus (1723-1808)

Publié le par didier Le Roux


Belsham Thomas, son ami, et l'un de ses successeurs à la tête de la Chapelle d'Essex Street, faisait un commentaire sur le refus de Lindsey de souscrire aux "Articles de foi" et de choisir de résilier sa position pour ne pas vivre avec une conscience entachée comme suit :

    "Cela peut apparaître singulier que M. Lindsey pouvait se soumettre à cette souscription renouvelée qui était la chose requise pour son induction pour une nouvelle vie." Il ajoute, "Il apparaît le plus extraordinaire, tant d'ecclésiastiques, qui, par suite d'une révolution pour leurs avis, étaient devenus mécontent avec les Articles, ne souhaitant jamais, pour l'obtention d'un avancement de plus grande valeur, de souscrire pour eux de nouveau, cependant tandis qu'on leur permettait de rester en paix, ils ne les perçevaient pour être leur devoir de se retirer de l'église. "

    Entrons dans la vie de Lindsey pour mieux connaître cet homme remarquable…

    Il est né le 20 juin 1723, à Middlewich dans Cheschire, où son père était un mercier dans des circonstances respectables, mais fut diminué par la suite en raison de plusieurs malheurs. Sa mère, dont le premier nom était Spencer, était au loin, reliée à la famille de Marborough, et, précédemment à son mariage, elle vécue vingt ans dans une famille de France, la Comtesse de Huntingdon, une circonstance qui l'avait mené à une intimité considérable, qu'elle a continué pendant quelques années, avec la célèbre Selina, Comtesse de Huntingdon, qui a épousé le fils de cette dame. Sous le patronage de Madame Betty et Ann Hastings, Lindsey a été instruit d'abord à une école à proximité de Middlewich, d'où il a été enlevé, et placé sous le soin du Révérend M. Bernard, maître de la libre école de grammaire de cette ville, qui était présenté en tant qu'un gentleman de l'étude et de la piété. Ses vacances étaient habituellement passées au manoir de ces nobles patronnesses, à proximité de Leeds, durant la vie de Madame Hasting, et après qu'elle ait décédé, à la place d'Ashby, près d'Ashby de la Zouch, dans le Leicestershire, où Madame Ann avait alors fixé sa résidence. Dans sa dix-huitième année, le 21 mai 1741, il a été admis comme étudiant à St. John, Cambridge, où il s'est acquitté avec mérite dans ses exercices universitaires, et s'est comporté avec une telle exemplaire convenance, qu'il avait attiré l'attention du Dr. Reynolds, l'Evêque de Lincoln, qui a pensé convenable de le confier avec le soin de son petit fils, un jeune d'une quinze années. A l'université de St. John, il a reçu un diplôme et l'honneur d'être élu au titre symbolique de Fellow en avril 1747. Après avoir été ordonné par l'évêque Gibson, il était, sur recommandation de Madame Ann Hasting, présenté à la chapelle de la place de Spital par monsieur Georges Wheler.
    Peu de temps après son installation à Londres, le Duc de Somerset l'a reçu dans sa maison en qualité d'aumônier attaché à son foyer. Il a continué, après le décès de ce noble, de résider un certain temps avec la douairière Duchesse, mieux connue par le titre de Comtesse de Hertford, et, à sa demande, il a accompagné son fils, le Duc de Northumberland, alors âgé de neuf ans, dans un état de santé fragile, sur le continent, où il est resté deux ans. A la fin de cette période, il a ramené son noble pupille, avec une meilleure santé et un niveau d'étude qui avait progressé. De cette personne distinguée, il a reçu des attentions et des faveurs tant qu'elle vécue. Juste après son retour du continent, il a été présenté par le Comte de Northumberland au valable rectorat de Kirkby Whiske, dans le Nord Riding de Yorkshire. C'était au début une situation provisoire, il devait démissionner quand la personne pour qui on avait prévu cette fonction serait venue en âge, mais ce jeune homme décéda peu de temps après, et donc cela lui a été donné sans réserve, sous la forme habituelle. Dans cette situation retirée, Lindsey a poursuivi environ trois ans, et pendant sa résidence dans le Yorkshire, il a connu le célèbre Archidiacre Francis Blackburne, à Richmond, ce qui lui donnerait une importante circonstance, placée sous la providence, pour être la bénédiction la plus importante de sa vie.

    Dans l'année 1756, sur la demande de la famille de Huntingdon, il a démissionné de Kirkby Whiske pour vivre à Piddletown, dans le Doretshire, qui était un cadeau du Comte de Huntington. Dans cet endroit, il a vécu sept ans, où il a prouvé être le plus fidèle et le plus dévoué pasteur, et se donnait beaucoup à l'étude des Ecritures, et des doctrines.
    En 1760, il a épousé Mlle Elsworth Hannah, la belle fille de l'Archidiacre Francis Blackburne, une dame dont les principes étaient du même caractère que ses propres, et qui était présentée comme possédant une intelligence supérieure et une grande vertu. Aucun enfant ne sera le fruit de cette union.
    Alors qu'il était dans cette situation, il a commencé pour la première fois d'avoir des scrupules au sujet de la légalité du culte trinitaire, d'offrir l’adoration au Christ que la liturgie exigeait, et de continuer d'officier dans l'église établie. Il est évident qu'il avait, dès sa jeunesse, désapprouvé quelques choses dans les trente neuf Articles de foi.

    Il est en conséquence revenu dans le Yorkshire l'année suivante et a dirigé la paroisse de Catterick, d'où les paroles citées au dessus de Belsham qui considérait la position de Lindsey courageuse, d'abandonner ce qui sans aucun doute bientôt l'aurait mené à un évêché, et pour son refus de l'honneur, pour à la place aller où les scènes et les personnes qui lui étaient chères.
    Le principal souci présumé de Lindsey, était, que comme il continuait d'exercer les fonctions sous la forme de la liturgie, il renouvelait sa souscription et cela lui donnait un peu de souci, puisqu'il considérait lui-même, qu'a chaque fois qu'il utilisait la liturgie, comme pratiquement répéter sa souscription. En détail, de lui-même, il disait, considérer les formes trinitaires dans la liturgie et l'invocation au début de la litanie, comme : " Une triple représentation d'un Dieu, le Père, dirigeant toutes les choses lui-même et par le Fils et l'Esprit, et comme une façon triple de s'adresser comme un Créateur et la cause bienveillante originelle de toutes les choses, comme Rédempteur de l'humanité par son Fils et leur sanctificateur par son Esprit Saint."
    Son nouveau poste lui a donné un plus petit salaire que celui qu’il avait quitté, mais une plus grande occasion de faire le bien où il y avait un grand nombre de personnes pauvres. Il a pris son nouveau travail avec tant d'enthousiasme que les gens ont dit qu'il avait tourné méthodiste. Lui et son épouse ont passé beaucoup de leur temps et tous les moyens disponibles pour une vie pleine d’abnégation, en essayant d'améliorer l'état des pauvres et en leurs fournissant des soins, médecine, nourriture et des livres essayant ainsi de leurs faire sentir l'influence pratique de la religion chrétienne. Il s'est consacré particulièrement aux jeunes et en 1763 a fondé une des premières écoles du dimanche en Angleterre pour l'instruction religieuse.
    Voyons ce que disait dans ce sens son biographe de l'époque : "À peine qu'il était installé dans sa nouvelle situation, il s'est appliqué avec une grande assiduité, dans sa paroisse vaste et populeuse, exécutant les devoirs d'un ministre paroissial. Il a régulièrement officié deux fois le dimanche dans son église paroissiale et dans l'intervalle entre les services, il instruisait des jeunes. Il a visité les malades, il a soulagé les pauvres, il a établi et a soutenu des écoles de charité pour les enfants, il a dépensé des sommes considérables dans l'alimentation des affamés, dans l'habillage des dénudés, dans des médecines fournies aux malades et dans les achats de livres distribués pour l'instruction des ignorants. Dans ses dispositions domestiques, l'économie la plus grande a été observée, que lui et son excellente dame pouvaient avoir un surplus plus grand, pendant qu'il le dépensaient dans la libéralité et dans la charité, pour cela il était une règle pour lui de ne rien emmagasiner pour sa vie."
    S'il semble toutefois qu'un certain nombre de commentaires avancent que Lindsey tergiversait sur sa position effective quant aux Articles, et cela pendant bien trop d'années, environ une dizaine, alors que son principal souci était quant à l'utilisation du Book of Common Prayer (le livre des prières), qui lui obligeait d'offrir le culte au Christ et à l'Esprit Saint, au lieu du seul Dieu comme la Bible l’enseignait.

    Tandis que dans cet état d'esprit, il avait la joie de passer plusieurs jours à la maison de Blackburne en compagnie de deux pasteurs presbytériens. Un de ces derniers était le
Dr. Priestley, qui était déjà devenu un unitarien convaincu, pasteur à Leeds et était destiné plus tard pour être reconnu avec Lindsey en tant qu'un des deux fondateurs de l'Eglise Unitarienne en Angleterre. Torturé dans sa conscience, il faisait part de ses douleurs auprès de Priestley, qui le conseillait toutefois de ne pas démissionner comme il l'envisageait, mais de réformer la litanie du Book of Common Prayer à chaque fois qu'il devait l'utiliser tout en attendant le passage de l'évêque qui aviserait selon son bon vouloir.
    C'est à cette période qu'un mouvement s'est formé dans le but de pétitionner contre la souscription des Articles. Un certain nombre d'ecclésiastiques se sont regroupés sous ce qui était connu la Fearthers Tavern, dont Lindey voyait un espoir modéré de faire approuver une renonciation à la souscription des Articles. Toutefois, résolu dans cette tâche de trouver des signataires, il s'est largement investi dans cette mission pour laquelle il mettait le haut point que si la pétition échouait, il démissionnerait.
    C'est dans l'hivers 1771, que lindsey bravait le froid sur les routes à la recherche de signatures, avec un résultat en somme très insatisfaisant à son avis, dont il considérait avoir échoué personnellement, sans même réitérer une nouvelle tentative.
    Revenons un peu sur les effets de cette pétition générale qui fut toutefois présentée le 6 février 1772 à la Chambre des communes. Le nombre des signataires s'est élevé à presque deux cent cinquante, parmi qui, les noms du célèbre Archidiacre Blackburne, et de Edmund Law (1703-1787), évêque de Carlisle qui étaient les plus distingués.

    Pour mieux considérer l'avis général, nous avons a disposition dans une lettre de John Lee, plus tard adjoint du Procureur Général, un ami ardent du clergé mécontent, une image significative de sa pensée quand il dit : "Il vous étonnera vous qui vivez dans le pays, et que vous n'avez pas par conséquent été informés des découvertes de la ville, que la religion chrétienne n'est pas pensée pour être un objet digne de la moindre part de respect et que c'est non seulement le plus prudent, mais la chose la plus vertueuse et bienveillante dans le monde, de détourner les pensées des hommes de tels sujets frivoles avec toute la dextérité qui peut être. Ce n'est aucune exagération, je vous assure, au contraire, cela semble être l'avis (et que leur conduite le démontre bien) du neuf dixième des deux maisons (The House of Commons et the House of Lords) du Parlement !"
    Il est clair qu'à la lecture de ces propos le Parlement été nullement prêt d'abroger les articles en questions. En fait, il semblerait que l'aspect religieux de cette pétition n'était pas primordial pour le Parlement, mais bien plus l'aspect politique, dont M. Hans Stanley qui s'était opposé à la constitution de la pétition, le pensait avoir tendance à déranger la paix du pays, et que le problème pouvait tout aussi bien être réglé par un quarantième Article qui vaudrait tout aussi bien que les trente-neuf autres. C'est par une majorité de 271 voix à 71 que fut rejetée la demande.
    On ressent une certaine légèreté et voir du mépris dans la façon de traiter à cette période les aspects religieux, et d'ailleurs bien souvent la religion traditionnelle était celle qui était suivie par le plus grand nombre en raison de son ancienneté, sans plus de considération.
    De cette demande d'abrogation des Articles, il semblerait qu'une nouvelle présentation fut tentée dans l'année suivante sans plus de succès, ce qui atteste une défaite sans équivoque pour les dissidents d'alors…

    Lindsey, comme il l'avait convenu, ne voyant plus de possibilité de pouvoir enfin, dans les conditions de sa conscience, officier sans être obligé d'utiliser la litanie qui offrait un culte d'adoration an Christ, à la fin de 1773 démissionne de son poste à Catterick. Aussi étonnant cela puisse être, il semble que peu de personnes l'ont vraiment dissuadé de démissionner, si ce n'est Blackburn ou encore quelques membres de la Fearthers Tavern qui voyait une raison supplémentaire de défaite pour leur cause.
Longuement, après avoir préparé une pleine et soigneuse publication Apologies pour démissionner du presbytère de Catterick, il a écrit une tendre et affectueuse adresse d'Adieu à ses personnes, et leur prêcha son dernier sermon au début de l'hiver.
    Il faut nous rappeler que Lindsey, complètement dévoué à la cause de l'indigent dans son ministère, n'avait épargné aucune ressource, et c'est dans cette condition qu'il quittait Catterick, et de surcroît traité de lâcheur par ses propres amis, et ne pouvant pratiquement compter sur aucune aide extérieur dans les conditions difficiles qu'il s'était imposé.
Earl Morse Wilbur dans 'Our Unitarian Heritage' de 1925 précise : " une de ses riches relation a offert de pourvoir Mme Lindsey, si elle abandonnait son mari. Une telle proposition, avec indignation elle la rejeta, parce qu’elle avait entièrement collaboré avec lui et était prête sans plainte à soutenir tous les sacrifices qui pourraient venir.", il ajoute "En dehors de l'Eglise les amis étaient plus aimables.", et encore "il avait 50 £ pour faire face au monde et un revenu de 20 £ seulement par année en vue. Il sera difficile pour nous de réaliser ce que peut avoir signifié pour un homme de cinquante ans, frêle dans la santé, ainsi d'abandonner une vie confortable et faire face à un futur totalement inconnu."

    Oui, Lindsey fait partie de cette race d'hommes qui ont la force, parfois même ce qui pourrait paraître pratiquement de la folie, de renoncer à tout pour faire valoir ce qui leur semblait être juste !

    Toutefois quelques offres lui ont été faites, qu'il refusa, ayant à l'esprit de retrouver des personnes à Londres qui comme lui souhaitaient autre chose que le menu liturgique de l'Eglise d'Angleterre, de se rassembler dans une congrégation et d'adorer enfin dans la façon qui lui paraissait agrée par Dieu. Chemin faisant, il eut la chance de trouver le Dr. Clarke qui avait proposé des changement dans la liturgie, chose ô combien qui pouvait intéressé Lindsey, qui ne manquait pas de recopier, ce qui lui permettrait par la suite de créer une révision du Book of Common Prayer façon unitarienne.

    Avec les moyens qui étaient les siens à son arrivée à Londres, il loua un deux pièces chichement meublée et travailla à la réformation de la liturgie. Il semble que son projet fut 'découvert' quelque temps par la suite, en autre par Priestley, et des actions ont été entreprises dans le but de trouver des fonds pour réaliser cette congrégation qui réclamait des locaux pour se rassembler.
    Une salle des enchères, vide dans la rue Essex (qui pour l'histoire avait pris son nom par le fait qu'elle fut construite sur les anciens terrains de la maison de ville des comtes d'Essex), a été louée et adaptée pour le culte et en 1774 fut ouverte la première chapelle Unitarienne à Essex Street, qui était d'abord appelée Essex house. (Près de la Strand où le Siège Social Unitarien est placé aujourd'hui).
    Ainsi le dimanche, 17 avril 1774, devant un auditoire d'environ deux cent personnes ou l'on pouvait voir Pristley, le Dr. Benjamin Franklin et un agent du gouvernement, Lindsey pour son sermon d'ouverture officielle a choisi Éphésiens 4 : 3, "Appliquez-vous à garder l'unité de l'Esprit par ce lien qui est la paix."

    C'était bien en la circonstance l'ouverture de l'Unitarisme en Angleterre…

    Reprenons le rapport de Earl Morse Wilbur pour l'évolution du mouvement que Lindsey avait amorçait : "Les congrégations se sont développées et dans deux on trouvait des membres de la noblesse, des parlementaires, des hommes en avant dans la vie publique, des scientifiques bien connus et des gens riches qui étaient généreux pour la cause. En fait, les langues malveillantes ont mis à flot la rumeur que Lindsey avait démissionné de Catterick avec des fins pécuniaires en vue !"
    La chapelle est devenue trop petite pour contenir tous ceux qui venaient, de sorte qu'après quatre ans, il était utile de trouver de nouveaux locaux pour répondre aux besoins, et en 1778, des lieux ont été achetés et une nouvelle chapelle le Essex Hall fut inaugurée, des logements pour les pasteurs ont été construits et un nouveau discours d'ouverture de ce même Lindsey fut offert pour cette circonstance heureuse.
    Sans contestation possible, c'est une réussite, bien que Lindsey regrettait que peu d'ecclésiastiques démissionnaient de leur fonction pour le rejoindre. Elle a servi de point de contact pour des relations entre beaucoup d'autres figures significatives, tant anglicans que dissidents, notamment François Blackburne, William Frend, Christophe Wyvill, Joseph Priestley et Richard Price.
    Au-delà de ses charges de pasteur, Lindsey s'employait largement dans la rédaction de différents écrits pour défendre ses positions dont nous pouvons évoquer un certain nombre d'entre eux :
    Le principal travail de Lindsey est An Historical View of the State of the Unitarian Doctrine and Worship from the Reformation to our own Times (1783), ses autres publications sont : Apology on Resigning the Vicarage of Catterick (1774), et Sequel to the Apology (1776), The Book of Common Prayer reformed according to the plan of the late Dr Samuel Clarke (1774), Dissertations on the Preface to St John's Gospel and on praying to Jesus Christ (1779), Vindiciae Priestleianae (1788), Conversations upon Christian Idolatry (1792), et Conversations on the Divine Government, showing that everything is from God, and for good to all (1802). Deux volumes des Sermons avec des prières annexées, ont été publiés en 1810 et un volume des Mémoires, par
Thomas Belsham, est apparu en 1812.

    Lindsey sollicitait une aide pour tout son travail, d'un état de santé toujours fragile et d'un âge maintenant de soixante dix ans, c'est dans la personne de John Disney (1746-1816), qui avait épousé un autre membre de la famille de l'archidiacre Blackburne et dont également un membre de l’Association de la Feathers Tavern, qui lui succédera à la tête de la chapelle en 1793, quand il décidait de prendre une retraite après avoir estimé accompli son travail.

    Lindsey et Priestley ont été très certainement les deux principaux acteurs des débuts de l'Unitarisme en Angleterre. Il semble que lindsey se soit largement inspiré des écrits de Priestlet tout du long de son ministère unitarien, et que ses convictions profondes l'ont amené à prendre souvent sa plume contre l'orthodoxie de l'Eglise Anglicane qui voyait dans ce mouvement un danger et le qualifiait d'hérétique. Les événements politiques se sont souvent opposés aux intérêts des unitariens, à l'image de son ami Priestley qui fut obligeait d'émigrer en Amérique suite à des prises de positions quant à la Révolution française.
    Touché par le départ forcé de Priestley, Lindsey décidait en son nom et ceux de ses frères dans la foi de la Société Unitarienne d'adresser une lettre à Priestley : 



Adresse de la Société Unitarienne.

Pour le révérend Dr. PRIESTLEY.


REV, ET CHER MONSIEUR,
    Vos amis, les membres de la Société Unitarienne, vous adressent en cette intéressante occasion présente, la manifestation du regret dont ils sont pénétrés, par votre départ prochain de ce pays et vous souhaite le plus chaleureux bonheur, pour l'endroit de votre destination future.
    Alors que si peu vous êtes à n'importe quel moment intervenu dans la politique nationale, il n'est pas trop évident, pour la violence scandaleuse que vous avez éprouvée et les calomnies atroces qui ont circulées avec une telle diligence sans précédant pour léser votre personne, et rendre votre résidence dans votre pays natal désagréable, et même dangereux, sont entièrement par suite de cet esprit viril, avec lequel vous avez avoué et avez défendu, ce que vous avez cru dur comme fer pour être les doctrines pures et raisonnables de l'Évangile et pour cette ardeur vraiment Chrétienne, avec laquelle vous êtes entré dans votre protestation contre ces erreurs dominantes, par lesquelles la religion de Jésus a été corrompue et débattue.
    Mais vous, Monsieur, vous nous avez instruit, tant de la doctrine que par l'exemple, attribuant les événements à une cause plus haute : et tandis que nous considérons avec pitié la conduite des hommes, qui, sous la couverture de l'ardeur religieuse, sont reconnaissant pour leur propre passion perverse, nous les considérons aussi comme des instruments, sous la direction d'une puissance supérieur, pour l'accomplissement des buts, les plus éloignés de leurs intentions propres et nous saluons avec un humble consentement la très sage disposition qui sera du Ciel. L'histoire de l'église Chrétienne de sa première origine, par les révolutions d'âges successifs, nous a appris cette leçon : que ce soit l'ordre de la Providence, que la vérité religieuse devrait être promulguée et confirmée par les souffrances de ses avocats les plus éclairés et les plus ardents. Dans cette partie du monde, vous, Monsieur, vous avez allumé une lumière resplendissante, Qu'aucune durée, ni même la violence de l'opposition, ne seront capables d'éteindre et vous avez été honoré comme l'instrument pour répandre la connaissance religieuse, au-delà de presque n'importe quel individu dans des âges postérieurs : nous prévoyons donc, avec un espoir agréable, le vaste succès de vos travaux futurs en Amérique. Favorisés comme nous avons été avec votre élévation et votre éclat méridien, nous ne devons pas envier nos frères sur le continent occidental, pour le bénéfice de votre rayon du soir.
    Jusqu'ici, Monsieur, vous avez été notre modèle pour chaque effort méritoire sur la recherche de la vérité religieuse, dans toutes les choses ouvertes et courageuses dans la procession d'elles. Et quand vous êtes enlevé pour une région éloignée, nous croyons que vous entendrez de temps en temps, que votre exemple illustre n'a pas été si longtemps exposé devant nous en vain. Nous penserons cela être notre devoir pour chaque occasion appropriée et par tous les dangers, d'avouer notre attachement aux vérités de la religion Chrétienne et si, dans la décharge de ce devoir, nous devrions être exposés même aux persécutions sévères que celles que vous avez rencontrées, nous espérons que notre conduite ne déshonorera pas la cause honorable dans laquelle nous pouvons souffrir.
    Nous, Monsieur, nous nous réjouissons avec vous, dans l'assurance du triomphe suprême du royaume de Dieu et de Christ et de la domination universelle de la vérité et de la vertu, de l'ordre, de la liberté et de la paix. Et quoique nous déplorons les détresses probables dans l'intervalle, nous sommes heureux dans la persuasion, que tous les désastres intermédiaires seront comme un point évanescent, en comparaison de cette liste glorieuse et heureuse des choses, dont ils sont les moyens nécessaires et auxquels en fin de compte ils tendent.
    Entre-temps, nous le considérerons comme notre devoir indispensable, par chaque méthode juste et honorable, de même par l'exemple dans toute notre conduite, la tendance des principes de la religion Chrétienne, quand correctement compris, pour former l'esprit humain pour cette force et l'élévation de la personnalité, dans lequel la vraie dignité de notre nature consiste et par lequel nous pouvons le plus efficacement prendre la honte des calomnies de la malfaisance, les préjudices de l'ignorance et les moqueries de l'infidélité.
    Que votre voyage puisse être prospère, que votre lot futur puisse être heureux, au-delà des espérances des plus optimistes de vos amis les plus chaleureux, et que votre sphère d'utilité puisse être largement étendue et prolongée à la période la plus éloignée de l'effort humain, est le désir ardent et la prière fervente, du

Révérend et cher Monsieur,

Vos affectueux amis,

Les membres de la Société Unitarienne.

T. LINDSEY, Président.


Londres, le 18 Mars, 1794.


Lindsey
bien qu'à la retraite restait toujours un homme actif, écrivait même un dernier ouvrage et avant qu'il décède le 3 Novembre 1808 dans sa maison d'Essex Street, il avait le bonheur de savoir que ses vues s'étaient étendues largement dans les îles britanniques, en France et que l'Eglise Episcopale la plus ancienne en Nouvelle Angleterre, la King’s Chapel, à Boston avait suivi son exemple et avait mis à jour son Livre de Prière d’après le modèle du Dr. Clarke. Il est a rappeler également la timide tentative en 1783 de la Society for Promoting Knowledge of the Ecritures, et plus particulièrement sa contribution avec Priestley et Belsham en 1791 de la formation de l'Unitarian Society for the Promotion of Christian Knowledge and the Practice of Virtue by the Distribution of Books ou appelé plus brièvement Unitarian Society ou encore Unitarian Book Society, qui connue un bien meilleur essor. Lindsey est vraiment à remercier pour l'ensemble de son œuvre…. 



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cliché : Unitarian Historical Society ; Lettre de Priestley à Linsey enregistré dans les documents numériques de Google.

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