Hélène Weigel (1459-1539)

Publié le par didier Le Roux

didier Le Roux

cliché de Wikipédia Encylopédie



    Hélène Weigel (ou Hélène Vogel), prononça ces dernières paroles qui résonnent encore aujourd’hui : « l’âme de celui qui reste dans la vérité ne saurait être damnée ».

    Le 15 Avril de l’an de grâce 1539, H. Weigel fut brûlée vive à Cracovie. C’est à l’age de 80 ans, qu’elle cria à la foule cette dernière conviction, avant que le bourreau embrase le bûcher. C'est suite à une dénonciation de l’évêque du lieu, auprès de la reine Bona Sforza qui alors souhaitait une confession littérale des écritures, qu'H. weigel fut emprisonnée pendant dix ans, avant que ce dernier châtiment suprême, lui fut infligé. Quel courage remarquable !

    D’où venaient ses convictions, et quelle force animait son âme ?

    C’est dans sa soixante dixième années, en 1529, qu’H. Weigel fut jetée dans une geôle, accusée d’hérésie. Elle soutenait l’unicité de Dieu, rejetait la Trinité, les doctrines de l’Eglise Catholique et affirmait : « l’existence d’un Dieu créateur du monde visible et invisible, qui ne pouvait pas être conçu par l’intellect humain » (ibid). Peut-on penser qu’elle connu Michel Servet ou du moins ses écrits ? Il est peu probable de le supposer. En fait, H. Weigel était emprisonnée depuis deux ans quand Michel Servet rédigeait son premier écrit anti-trinitaire, (De Trinitatis erroribus 'les erreurs de la Trinité'), qui fut publié à Haguenau, près de Strasbourg. Il est plus probable, qu’H. Weigel connut les premières œuvres formelles anti-trinitaire de Martin Borrhaus (Cellarius), imprimées en 1527, deux ans avant son emprisonnement.

    Il nous serait presque excusé, de penser qu’H. Weigel est un anachronisme du XVIème siècle ; Il était en Pologne et en Hongrie des communautés religieuses certainement anti-trinitaire qui furent formées suite aux écrits de Martin Borrhaus et de l’arrivée de voyageurs suisses. La Pologne fut le pays de l’Europe le plus tolérant de ce XVIème siècle et le refuge d’hommes comme Ochino, Georges Biandrata ou encore Lelio Socin. La tolérance manifeste, des rois Sigismond Ier, Sigismond II Auguste, et de la reine Bona Sforza épouse de ce premier, favorisa cette émergence. En Pologne coexistaient des catholiques, des luthériens, des anabaptistes, des calvinistes, des juifs et des unitariens. Cette année 1539 fut témoin du mariage, célébré le 2 mars à Székesfehérvar, du roi Jean, avec Isabelle, fille de Sigismond Ier, mais également la naissance de Fausto Socini le 5 décembre, à Sienne en Italie, grande figure de l’unitarisme et qui rejoindra sa dernière demeure à Luslavie dans la région de Cracovie en mars 1604.

    Martyr vient de Martus (témoin), est celui qui consent à aller jusqu’à se laisser tuer pour témoigner de sa foi, plutôt qu’abjurer. H. Weigel fut l’un des nombreux martyrs. Nous pouvons nous souvenir de : (classement par dates de leurs décès)

    El Hallât : Xème siècle

    Jean Hus : 6 juillet 1415

    Jean vallière : 8 août 1523

    Michel Servet : 27 octobre 1553

    Ferencz David : 15 novembre 1579

    Nicolas Antoine : 30 avril 1632, (….)

    Cette liste n’est pas exhaustive, les oubliés de l’histoire et les anonymes méritent toute notre considération.

    Nous pouvons prier pour les Martyrs : Pour celles et pour ceux qui ont donnés leur vie afin que d’autres vivent : que le courage et leur détermination demeurent avec nous.

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