Alciati de la Motta, Giovanni Paolo, Gianpaolo (1515-1573)

Publié le par didier Le Roux

 

    Alciati G. naquit à Savigliano dans la province de Cunéo (Italie) dans les environs de l’année 1515. Il exerça la profession de médecin et fit partie de la noblesse piémontaise.

    Il est accrédité à Alciati G. d’avoir entamé une carrière militaire qui se solda par l’exile en Suisse dans le canton de Graubünden en compagnie de Biandrata et de Camille Renato, conservant une relation épistolaire avec Aonio Paleario (évangélisateur et réformateur en Toscane), puis des circonstances l’emmena à Genève.

    Certaines sources nous laissent penser qu’Alciati G. participa à des rassemblements anti-trinitaires qui se tinrent au Collègia Vicentina à Vicenza, dans l’année 1546, dont Lelio Socin fut à l’origine et principal animateur.

    Plus assurément il fut tenu, bien qu’en secret, en septembre 1550 un concile des évêques italiens anabaptistes à Venise, dont les anti-trinitaires de même nationalité y participèrent. Cette assemblée ne représenta pas moins 70 paroisses et fut adopté une confession de foi en 10 articles, dont le 1er stipulait « Jésus vrai homme et non Dieu ! ». Les réactions ne tardèrent pas à se faire sentir très vives de la part de l’inquisition, ce qui obligea l’exile de plusieurs réformateurs en différentes destinations comme la Suisse.
Calvin reçu cordialement les réformateurs italiens et s’organisa très rapidement une église Réformée Italienne. Calvin appelait les italiens septiques et anti-trinitaires« les académiciens septiques » qui se rassemblèrent essentiellement à Bale où ils respirèrent l’atmosphère de l’humaniste Erasme.

    Les anti-trinitaires s’élevèrent en une seule voix contre le dogme de la Trinité, faisant partie du trithéisme de la doctrine catholique, à la prédestination divine calviniste, niant la présence réelle dans l’Eucharistie, rejetant également la discipline ecclésiastique et se rallièrent aux anabaptistes en émettant de sérieux doutes quant au bien fondé du baptême des enfants. Leurs idées commencèrent à se propager dans tout le pays. L’indignation au sujet du martyre de Michel Servet brûlé vif à Genève en 1553, raisonne encore depuis ce milieu du XVI siècle et qui d’autre que ces réfugiés italiens, Lelio Socin, Fausto Socin, Renato, Curio,
Biandrata, Alciati G., Gribaldo, Gentile, Ochino et Castellion s’élevèrent avec autant de force contre cette condamnation ?

    L’anti-calvinisme sévissait, comparant son maître à un nouveau pape inquisiteur et contestant son autorité. L’affrontement fut inévitable et s’orienta dans un vif débat théologique au sujet de la Trinité jusqu’au moment où Calvin convoqua toute la communauté italienne exilée à Genève pour éprouver leur foi. Le but final ne fut pas dissimulé, Calvin rédigea avec l’aide du pasteur Lattanzio Ragnoni une confession de foi trinitaire qui affirmait la divinité du Christ et de l’Esprit Saint dans l’unité essentielle de Dieu. Une discussion de trois heures s’engagea qui devait se finir par la ratification de cette confession de foi trinitaire de tous les participants. Il s’avéra dans un premier temps que six des participants refusèrent d’accepter cette requête pour finalement terminer à deux, Biandrata et Alciati G., au bout de cette âpre discussion. Il est à noter l’impétuosité et le langage direct d’Alciati G., qui en la circonstance affirma « que Calvin adorait trois diables plus mauvais que toutes les idoles du papisme.» Il en fallait bien moins à Calvin pour demander l’expulsion de ces deux opposants qui avaient osés s’élever contre la très sainte Réforme.

    Il semble qu’Alciati G. disparu rapidement suite à ses déclarations tapageuses, se réfugia à Chiavenna avant de rejoindre accompagné de Gentil, son ami de toujours Biandrata en Pologne. Plus précisément c’est dans la ville de Pinczow où un groupe d’anti-trinitaires italiens s’organisa autour de Biandrata qui se comportait en vrai leader lors des différents conciles. Hosius Stanilaus (1504-1579), cardinal et prince-evêque d’Ermland se lia avec le cardinal Giovano Francesco Commendone (1523-1584) provoquant l'acceptation des décrets de Tridentine à la Diète royale de Parczow le 7 août 1564, obligeant le roi Auguste II de Pologne de promulguer l’édit ce qui produisit par effets la dispersion du groupe d’anti-trinitaires.

    Alciati G. réapparu en Moravie à Austerlitz où il revint après avoir vu Biandrata lors d’un voyage en Transylvanie. Grâce à l’amélioration progressive de la condition des anti-trinitaires en Pologne, il put revenir à Cracovie et finalement à Dantzig où il mourut en 1573.


didier Le Roux
 

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Le Roux Didier- Unitariens - © 2007 - Tous droits réservés
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Cliché : Pologne XVI siècle Antipas : Sources ; Wikipédia Encyclopédie ; Dizionario di eresie ; Correspondance Unitarienne ; Profils de libertés ; Ethereal librairy ; Université de Mannheim : traduction de l’anglais et de l’italien vers le français par Didier Le Roux.

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